George Stroumboulopoulos: monsieur Génie
L’animateur-vedette George Stroumboulopoulos se prépare à égayer les 32es Prix Génie jeudi soir.
Lorsqu’on joint le toujours volubile George Stroumboulopoulos à l’autre bout du fil, l’animateur vedette de la quotidienne George Stroumboulopoulos Tonight (anciennement The Hour), diffusée sur CBC, ne tarde pas à revendiquer l’importance de cérémonies telles que les Prix Génie, pour souligner l’excellence des artisans du cinéma à l’échelle du pays. «C’est crucial! dit-il. Un des traits fondamentaux de l’identité canadienne, c’est notre grand talent pour raconter des histoires. On n’a qu’à penser à nos plus grands auteurs-compositeurs, les vraies légendes, comme Leonard Cohen et Neil Young, ceux qui ont traversé nos frontières. Ce sont des conteurs! Et l’heure est venue pour le septième art de porter fièrement ce flambeau et de faire rayonner notre culture à l’étranger.»
Stroumboulopoulos, qui partagera la scène avec l’actrice Andrea Martin ce soir pour animer le 32e gala des Prix Génie sur CBC, est bien connu pour son franc-parler et sa spontanéité. À son émission, à peine assis sur son canapé rouge pétant, il a l’habitude de se pencher vers ses invités (tels Daniel Radcliffe, Hillary Clinton ou M.I.A.), et de les fixer intensément tout en abordant des sujets délicats.
Et c’est avec cette même fougue que Strombo vante les mérites de notre cinéma. «Quand un acteur canadien déniche un gros rôle aux États-Unis, nous tenons toujours à le souligner, mais il y a plusieurs grands acteurs américains, français et britanniques qui jouent dans nos films, fait-il remarquer. On n’a qu’à penser à Michael Fassbender et Keira Knightley dans le film de Cronenberg ou à Vanessa Paradis dans le film de Jean-Marc Vallée. Les stars du monde entier veulent jouer dans des projets canadiens, et ça augure très bien pour le développement de notre industrie.»
Et les Canadiens dans tout ça? S’intéressent-ils à leurs productions? Pour être poli, on dira que les recettes des films canadiens au box-office hors Québec… laissent planer le doute. Strombo, bien qu’admiratif d’un cinéma québécois qui tire très bien son épingle du jeu, n’est pourtant pas prêt à larguer la production du «ROC» (Rest of Canada). «Je crois que ça se développe, et des œuvres comme C.R.A.Z.Y. – certainement un des plus grands films canadiens qui ait vu le jour – et le remarquable Polytechnique ont grandement aidé à changer la donne. On a souvent reproché aux films canadiens de ne pas être à la hauteur, mais avec de tels titres, je crois que les gens ne partagent plus cet avis. La performance magistrale de la jeune actrice Sophie Nélisse dans Monsieur Lazhar fera à elle seule taire tous les sceptiques.»
Le fan fini des «Habs» qu’est Strombo reconnaît néanmoins les réalités très différentes auxquelles font face le Québec et le ROC en matière de culture. «Les Québécois s’intéressent énormément à leur culture. La réalité ailleurs au pays est tout autre; nous sommes en compétition directe avec ce géant du sud de la frontière. C’est pourquoi il est d’autant plus important de redoubler d’efforts pour raconter nos histoires et pour nous assurer de mettre de l’avant nos A Dangerous Method, Café de Flore et compagnie.»
Les 32es Prix Génie
Diffusés jeudi, dès 20 h
Sur CBC