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Loin d’être bête: Animal, je t’ai choisi!

Photo: TV5

Dans la nouvelle série Loin d’être bête, Élise Guilbault va à la rencontre d’êtres humains qui s’engagent dans divers projets avec des animaux: zoothérapie, concours… Parmi eux, un entraîneur de pigeons et ses oiseaux, un guide animalier et son morse… Comme le note l’actrice, qui se fait ici animatrice: «Ces hommes et ces femmes d’exception nous rassurent sur nous. Sur l’humanité.» Entretien.

Loin d’être bête présente certains animaux que l’on pourrait qualifier de plus «mal aimés», tels le cochon, le raton laveur et le pigeon. Ça vous a plu de ne pas parler de bêtes qui ont tout de suite l’approbation, «la cote»?
C’est pour ça que j’ai été charmée! D’autant plus que tous ces hommes et toutes ces femmes qui étaient près des bêtes, même les plus mal aimées, m’ont rappelé pourquoi j’aimais tant les animaux. Au départ, par exemple, je ne savais pas que je trouverais charmant et craquant le furet! Et je ne savais pas non plus que j’aurais une admiration aussi grande pour le pigeon, qui a un sens de l’orientation qui dépasse nos meilleurs GPS! Mais tous ces animaux ont leurs qualités. Il n’y en a pas un qui m’a déçue. Au contraire! J’ai beaucoup appris de chacun.

Dans cette série, vous parlez du lien profond qui unit l’être humain à la bête, mais vous n’évacuez pas certains côtés négatifs de la captivité. Par exemple, dans l’épisode sur les morses, on souligne que la reproduction en captivité est difficile. On y note aussi que, pendant les spectacles donnés à l’Aquarium, si le morse voit une ombre, ça peut être dangereux pour lui, voire mortel. C’était important de ne pas occulter ces éléments?
Absolument! Ça allait de soi, sinon ça n’aurait pas été du bon documentaire; plutôt des révélations avec un parti pris trop évident. Tandis que là, les choses sont dites: il y a des désavantages, mais aussi d’énormes avantages! Évidemment, tout est discutable. On sait très bien qu’un morse en pleine nature, c’est sans doute mieux, mais comme c’est une race à protéger, c’est intéressant de voir dans quelle position la bête se trouve et dire «il ne faut pas faire ça, parce qu’elle sentirait telle chose». La relation qu’a François [Couture, guide animalier à l’Aquarium du Québec] avec [la femelle morse] Samka est absolument hallucinante! C’est un rapport d’une telle symbiose!

Élise Guilbault
Élise Guilbault en compagnie de Samka/TV5

Justement, à propos de Samka, la femelle morse, on apprend que c’était une orpheline, qui a été sauvée.
Tout à fait. C’est comme dans l’épisode avec les ratons laveurs. On y rencontre une femme qui [prend sous son aile] les bébés ratons dont la mère a été écrasée sur le bord de la route. Ça reste des animaux sauvages et elle ne peut pas les garder chez elle ad vitam æternam. Mais elle les nourrit, les sèvre, leur montre à chasser avant de les retourner dans la forêt pour qu’ils reprennent leur vie. Imaginez le dévouement!

Parlant de dévouement, est-ce que faire cette série a changé votre rapport au temps? Car ces personnes que vous avez rencontrées font preuve de tant de patience et de minutie avec les animaux…
C’est sûr que ça m’a fait voir comment notre vie est incroyablement stimulée, agitée. Tandis que, effectivement, avec les animaux, on ne peut pas aller trop vite. J’ai perçu à quel point les hommes et les femmes qui sont proches des bêtes et qui leur consacrent leur vie font don de soi. Ils ont la patience nécessaire pour apprivoiser un animal et le respecter. Car l’éducation, l’affection et la confiance, ça prend du temps. Beaucoup de temps.

«La particularité de cette série, c’est qu’il y a toujours un but: un concours, une exhibition, une séance de zoothérapie… On est comme dans un petit suspense à chaque épisode!» – Élise Guilbault

Et vous semblez l’avoir pris, ce temps, pendant le tournage. On pense à cette très belle scène où, en compagnie de Camille [Menier, éleveur de pigeons], vous attendez le retour à la maison d’un de ses oiseaux, dans son jardin, assis sur vos chaises, un peu relaxes, mais néanmoins fébriles. C’est rare qu’en télé, on s’assoie ainsi, pour attendre…
… et parler! Absolument. C’est rare qu’on prenne le temps. Mais on l’a pris! C’est ce qui fait que j’ai pu vraiment apprécier ces bêtes et ces personnes exceptionnelles. Camille, par exemple, ce n’est pas ordinaire, cette passion qu’il a pour les pigeons! C’est tellement un animal mal aimé! J’avais les deux pieds dans la fiente, dans son colombier, et je m’étonnais moi-même. En même temps, j’étais reconnaissante d’avoir le privilège de me retrouver à proximité d’une bête telle que le pigeon, et surtout, de voir ses qualités.

On voit que vous avez eu énormément de plaisir à l’animation. Vous avez aimé jouer le rôle de l’intervieweuse?
Oh oui! En plus, comme ce n’est pas un magazine, mais vraiment un documentaire, j’ai beaucoup appris [sur ce genre]. J’ai vu toute la patience, la rigueur, l’étude et la recherche que ça demande. Moi, j’avais le pan moins scientifique, plus «humain», mais j’ai été très impressionnée par le travail nécessaire pour rendre un documentaire crédible! C’étaient des tournages très agréables. Les gens ont été très généreux! Ils nous ont ouvert les portes toutes grandes.

Loin d’être bête
Coréalisé par Pascale Cusson et Sylvio Jacques
À TV5
Dès samedi à 19h30

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