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Le Cosmopolis de Pattinson

Photo: Séville
Jérôme Vermelin - Métro

Star mondiale grâce à Twilight, l’Anglais Robert Pattinson grimpe en première classe avec Cosmopolis, le nouveau film de David Cronenberg. Metro France l’a rencontré lors de son passage au Festival de Cannes. De Twilight au cinéma de David Cronenberg, il y a un monde.

Cosmopolis, c’est le début d’une nouvelle carrière pour vous ?
C’est sans doute le début de quelque chose. Parce que tourner Cosmopolis m’a donné la confiance nécessaire pour m’investir dans des projets qui m’intéressent vraiment.

Vous avez débuté en Angleterre, mais vous êtes devenu célèbre grâce à Hollywood. Pensez-vous que les jeunes acteurs américains envisagent Cannes de la même manière que vous ?
Peut-être pas… Jusqu’au jour où leur film est sélectionné (rires). Aux États-Unis, Cannes n’est pas très médiatisé, c’est davantage quelque chose dont on parle dans les milieux professionnels. Alors qu’à Londres, le Festival est en une des journaux pendant 15 jours. Le truc bizarre ici, c’est tous ces gens qui vous applaudissent à la fin de la projection. Je suis allé à celle de Sur la route, et ça m’a frappé. Aux États-Unis, les gens s’en vont lorsque le générique apparaît! J’ai demandé à David ce qui se passerait si on était sifflé avec Cosmopolis. Devrons-nous quand même rester debout pendant 20 minutes? (Rires)

Cronenberg ne vous a pas fait répéter et explique qu’il voulait découvrir le sens du film en tournant. Ça ne vous a pas fait peur?
Mais c’est assez compréhensible, car c’est un scénario très compliqué qui peut être interprété de plein de manières différentes. Et David m’a effectivement très peu parlé. On a eu une conversation très brève, rien de plus. Si bien que je me revois assis dans ma chambre d’hôtel deux semaines avant le tournage, en train de me dire : «Mon Dieu!». Les premiers jours, j’étais terrifié. On a fait des tests de caméra. J’étais assis dans la limousine, je n’avais rien à faire… Et j’ai failli vomir! Mon cœur battait à cent à l’heure, j’avais peur que David me vire, qu’il me prenne pour un imposteur. Sauf qu’il était très détendu. Son équipe m’a expliqué que la première semaine, il ne savait pas très bien ce qu’il faisait, mais que c’était normal… Qu’il cherchait le sens du film! Une fois qu’on a trouvé notre rythme, on est allé de plus en plus vite. À la fin du tournage, on ne faisait qu’une prise pour chaque scène. C’était dingue. Pour la toute dernière, on avait quatre jours de tournage prévus. On l’a fait en un jour et demi.

Qu’est-ce qui vous a posé le plus de problèmes? Les dialogues très littéraires?
La plupart du temps, les dialogues de cinéma ne sont pas très bons. Et les acteurs les transforment, ça fait partie du job. Là, ils étaient tellement excellents… La difficulté, c’est que David avait tendance à modifier le programme de la journée en fonction de tel ou tel obstacle technique. Ce qui supposait que j’avais tout le scénario en tête, tous les jours, comme une pièce de théâtre. Mais c’était plaisant, car la plupart du temps, lorsqu’on rentre à l’hôtel après un tournage, il n’y a pas grand-chose à faire. Là, je devais me replonger dans le script chaque soir.

Et les scènes de sexe alors?
Elles sont à la fois très drôles et très excitantes…
La plus compliquée était celle avec ma garde du corps interprétée par Patricia McKenzie. Au début on devait nous voir jouir au début de la scène, puis discuter ensuite. Sauf que David a suggéré qu’on discute tout en baisant! (Rires).

Don DeLillo a écrit le livre avant le 11 septembre et la crise financière. Et pourtant les personnages de Cosmopolis ont des dilemmes très actuels. Avez-vous fait en sorte de le rendre le plus contemporain possible?
Ce n’était pas volontaire. Sauf que des tas de choses sont survenues pendant le tournage. Comme le mouvement Occupy Wall Street qui s’est déclenché en même temps que nous filmions la scène d’émeutes. Et depuis aussi, Rupert Murdoch s’est pris une tarte dans la figure, comme mon personnage! C’est drôle, car au départ, je ne voyais pas Cosmopolis comme une description de la réalité, mais plutôt comme un poème. C’est comme ça que se lit le livre, et ce qui le rend intemporel. Quant à la critique de la finance, de son côté virtuel, du fait qu’on pourrait remplacer le dollar par des rats et que ça ne changerait rien… Je suis complètement d’accord. Perso, je n’ai jamais investi d’argent dans rien. Ça n’a aucun sens, ça se passe dans la tête des gens…

Avez-vous pensé à un discours au cas où vous remporteriez le prix d’interprétation?
Absolument pas, non! Je suis terrifié rien qu’à l’idée de monter sur scène. Et de me faire huer!

Ce serait votre première grande récompense…

J’ai quand même gagné le MTV Movie Award du meilleur baiser pour Twilight. Trois années consécutives !

Votre prochain film, ce sera donc encore avec Cronenberg?
Je ne sais pas encore exactement quand nous allons tourner. Mais ce sera la première fois que David fera un film sur le sol américain. À Los Angeles précisément. Ça parlera de l’industrie cinématographique et je promets que ça sera très bizarre. D’ici là, je vais faire Mission: Black List, avec le réalisateur français Jean-Stéphane Sauvaire, qui avait fait Johnny Mad Dog. Ça parlera de la traque de Saddam Hussein et nous voulons tourner en Irak, à Tikrit, même si c’est compliqué. Mais j’ai 26 ans, et c’est le genre de choses qu’il faut tenter. Si quelqu’un doit le faire, ce sera moi !

Cosmopolis
En salle dès vendredi

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