Cette semaine, Métro craque pour La distribution d’En attendant Godot, Résonances boréales…
Cette semaine, on craque pour… La distribution d’En attendant Godot, Résonances boréales, Il était une fois… Lost in Translation au FIFA, Cake, La guerre des tétons 2, Los Angeles Film Noir au FIFA et No Gender.
1. La distribution d’En attendant Godot
Ça prend les bons comédiens pour se mettre en bouche un texte aussi imposant que le En attendant Godot de Samuel Beckett. Et le metteur en scène François Girard les a trouvés en Benoît Brière et Alexis Martin, qui se glissent avec aisance dans la peau d’Estragon et Vladimir, ces deux vagabonds attendant un homme qui ne viendra jamais. La chimie est palpable entre les deux compères, qui livrent les répliques absurdes avec la bonne dose de comédie. Mais on ne peut pas passer sous silence la performance aussi stupéfiante des personnages secondaires Pozzo (un Pierre Lebeau drôle et solide) et Lucky, interprété par l’excellent Emmanuel Schwartz, qui nous renverse avec son seul monologue… mais quel monologue! (Jessica Émond-Ferrat) Au Théâtre du Nouveau Monde, du 1er au 26 mars 2016.
2. Résonances boréales
Des images d’aurores boréales qui dansent au-dessus de nos têtes. Des notes de piano rêveuses et frénétiques jouées à deux pas de nos oreilles. Des bean bags – ou fauteuils poires (!) – en guise de sièges. Une ambiance intime et feutrée. C’est l’expérience sensorielle et incroyablement zen à laquelle nous convient le pianiste Roman Zavada et la SAT jusqu’au 18 mars à la Satosphère. On sort des 40 minutes de ce spectacle immersif la tête dans le Grand Nord, déboussolés, dans un état de contemplation absolu. (Marie-Lise Rousseau)
3. Il était une fois… Lost in Translation au FIFA
Peu de films parus dans les années 2000 ont eu le même pouvoir d’attraction que la symphonie de solitude en terre nippone de Sofia Coppola. On se délecte donc des confidences de tournage livrées dans ce moyen métrage documentaire par la cinéaste et plusieurs membres phare ayant travaillé à ses côtés sur cette œuvre magistrale. (Parmi les multiples anecdotes, notons ce moment où l’équipe japonaise avait presque démissionné par honneur car les Américains s’étaient pointés avec 10 minutes de retard.) La seule chose dont il faut faire abstraction, c’est la narration à l’accent hyper franchouillard qui nous parle des folies de «Bile Mouré». À voir à la Grande bibliothèque demain à 12 h 30 et le 18 mars à 17 h. (Natalia Wysocka)

4. Cake
Vous trouvez que les gens capotent beaucoup trop sur les émissions de cuisine? Qu’on donne beaucoup trop d’importance au «foodisme» dans les médias? C’est la prémisse de Cake, une pièce de théâtre-danse amusante et très sensuelle d’Audrey Rochette. Le «pâtissier» et ses six «admiratrices» en extase offrent une solide performance quand ils se vautrent dans les ingrédients du gâteau d’une façon excessive et lascive. Une (trop courte) heure captivante! Au Théâtre La Chapelle jusqu’au 12 mars. (Rachelle Mc Duff)
5. La guerre des tétons 2
Raconter son cancer du sein sans misérabilisme, sans en nier l’ampleur, en étant à la fois touchante, drôle, réaliste et optimiste: Lili Sohn réussit cet exploit avec sa BD autobiographique dont le second tome vient de paraître aux éditions Michel Lafon. Dans cet épisode, c’est l’heure de la chimio, avec tout ce que ça implique: perte de cheveux, ovules menacés, réactions paniquées de l’entourage. En finissant de dévorer l’ouvrage, on a juste envie de saluer le courage et l’attitude gagnante de sa fort sympathique auteure et héroïne. (Jessica Émond-Ferrat)
6. Los Angeles Film Noir au FIFA
Qui de mieux pour parler de L.A. et de l’époque captivante du film noir que le grand écrivain James Ellroy? Dans ce moyen métrage documentaire, le bourru auteur raconte de son accent d’acteur/voyou sa ville, celle dans laquelle il a grandi, celle qu’il a connue, tout petit, dans ses moindres vices. En décortiquant l’histoire de la Cité des anges, Ellroy explique aussi les bases du roman noir, genre dans lequel il excelle, parle de ces femmes fatales qui font perdre la tête aux hommes et commettent des crimes répréhensibles. Sa conclusion? Au fond, le film, comme le roman noir, se résume à une chose, à un thème. «You’re fucked.» Présenté à Pointe-à-Callière jeudi à 19 h 30 et à la Grande Bibliothèque le 19 mars à 17 h. (Natalia Wysocka)

7. No Gender
Qui a déjà entendu parler de la galerie d’art Never Apart? Ce n’était pas le cas de Métro avant de visiter No Gender. Ce fut une très belle découverte. L’exposition nous plonge avec violence dans les souffrances des personnes intersexes, souvent dites «hermaphrodites». L’artiste Sylvain Tremblay s’est inspiré de sa rencontre avec Vincent, Nthabiseng, Hiker, Sunny et d’autres pour dénoncer la stigmatisation qu’ils subissent et les chirurgies effectuées aléatoirement sur les bébés naissants avec des attributs physiques des deux sexes. Plusieurs autres expositions, dont la Moon Room, ajoutent une belle touche à l’expérience offerte par cette galerie. Jusqu’au 9 avril au 7049, rue Saint-Urbain. Entrée libre le samedi de midi et 17 h, ou sur rendez-vous. (Roxane Léouzon)
On se désole pour…
Les noms massacrés
Certains noms sont difficiles à prononcer (amis d’Europe de l’Est avec un ratio de 7 consonnes pour 1 voyelle, salut!) Mais à la radio, ou à la télé, quand on sait qu’on va prononcer le nom d’un acteur danois, ou d’un universitaire, ou juste d’un monsieur, est-ce qu’on pourrait faire une minirecherche avant? Juste vérifier, hey, salut, comment ça se dit, pour éviter l’éternel «ha ha ha, je prononce tout croche» et la valse des rires qui s’ensuit dans des instants pourtant sérieux? Stellan Skarsgård, mettons. C’est pas huit z, trois g, un w avec une cédille au bout, une apostrophe au milieu et un tréma sur le h aspiré final. C’est comme «Robin et Stella», mais avec un «n» et un «Skarsgard» de plus (et un «Robin et» en moins). Un p’tit effort. D’ailleurs, «p’tit», si c’était un nom norvégien, pas mal sûre qu’on trouverait le tour de faire une digression avec ça. (Natalia Wysocka)
