Écrans

Pluie de films pour la réouverture des cinémas

Une scène du film «The 355» Photo: Universal Pictures
Martin Gignac/Collaborateur Métro

Les salles de cinéma rouvrent finalement leurs portes ce lundi après de trop longues semaines dans le noir. Qu’est-ce qu’on va voir? Voici notre sélection de films à découvrir sur grand écran.

Drive My Car

On peut enfin visionner l’une des fresques immenses de 2021. Un chef-d’œuvre de subtilité et de finesse sur l’art réparateur et la nécessité de créer des liens. En prenant son temps, Ryûsuke Hamaguchi (Wheel of Fortune and Fantasy) touche la grâce, créant des séquences qui marqueront à jamais les cinéphiles. Seul bémol: qui a eu l’idée d’y accoler le titre français Conduis mon char? Encore plus fou est le délire à microbudget Beyond the Infinite Two Minutes de Junta Yamaguchi qui révolutionne le concept spatiotemporel du voyage dans le temps avec une bonne humeur communicative. Tenet peut aller se rhabiller.

C’est la vie

Entre la pandémie qui semble infinie, le climat morose actuel et le froid ambiant, 2022 n’est déjà pas là pour être aimé. Heureusement, il y a des longs métrages légers et divertissants comme celui de Julien Rambaldi, une ode à la maternité qui fait le grand écart entre la satire, la comédie et le mélo. L’ensemble forcément inégal va dans toutes les directions et c’est justement ce qui fait son charme, jouant la carte de l’imprévisibilité afin de surprendre au passage.

The 355

Oubliez The King’s Man. Le film d’action se conjugue au féminin dans cette superproduction explosive et haletante, amenant Jessica Chastain, Diane Kruger, Penélope Cruz et Lupita Nyong’o à combattre une horde de méchants. Rien de très original au menu, si ce n’est une efficacité de chaque instant. Les fans de (super) héroïnes impossibles à museler voudront aussi assurément jeter un coup d’œil à Benedetta de Paul Verhoeven, l’incroyable histoire d’une religieuse (Virginie Efira) qui tente de prendre en main sa destinée. Passer son chemin serait un véritable sacrilège.

Red Rocket

La sortie d’un essai de Sean Baker est toujours un événement cinématographique. Personne n’a pu oublier The Florida Project et sa finale qui donne encore des frissons. Sa nouvelle création se situe dans les mêmes eaux, interrogeant le rêve américain par l’entremise d’un ancien acteur porno, qui est campé avec verve et délectation par Simon Rex. Les hilarants moments de vie rompent avec la narrativité classique, alors que les quelques malaises et errances ne sont rien devant l’acuité du regard et ces soubresauts d’espoir.

Flee

Les fans de l’inoubliable Valse avec Bachir ne voudront pas manquer ce superbe documentaire animé de Jonas Poher Rasmussen. Malgré un sujet sombre et difficile – la guerre et l’exode –, la noirceur n’engloutit pas totalement l’espérance. La résilience est à l’avant-plan, émouvant le corps tout en entier, enrobant l’âme. À l’image de ces dessins à la fois fluides et abstraits représentant la liberté tant désirée de son personnage principal. À regarder en doublé avec le prenant Josep d’Aurel qui offre un autre voyage puissant au bout de la nuit.

On est fait pour s’entendre

Il y a de la romance dans l’air. Notre héros (Pascal Elbé, également réalisateur et scénariste) commence à perdre l’ouïe et c’est justement ce qui va le rapprocher d’une voisine, campée par Sandrine Kiberlain, qui vole comme toujours toutes les scènes. La chimie opère également dans le beaucoup moins conventionnel What Do We See When We Look at the Sky? d’Alexandre Koberidze, une escapade géorgienne qui réchauffe instantanément le cœur en le faisant battre plus rapidement. Une des découvertes majeures de la dernière édition du Festival du nouveau cinéma.

The Tragedy of Macbeth

Cette première réalisation en solo de Joel Coen est déjà disponible sur Apple TV+. C’est cependant au cinéma qu’elle mérite d’être vue. Photographie extraordinaire rappelant des peintures célèbres, combats d’ombres qui évoquent le surréalisme allemand, cadrages uniques aux textures épurées: on aura rarement vu quelque chose d’aussi splendide que cette symbiose éclatante entre le théâtre et le septième art, défendue par un Denzel Washington éblouissant. Pour poursuivre le plaisir d’un noir et blanc exquis, impossible de ne pas recommander Prière pour une mitaine perdue de Jean-François Lesage, un ovni québécois laissant une place prépondérante à la poésie et à l’humain.

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