Lettre ouverte au premier ministre et au ministre de la Santé
Il est temps de prendre soin de tous les anges gardiens du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Ce printemps, vous avez fait plusieurs annonces pour les travailleur·euse·s du réseau de la santé et des services sociaux. Vous avez décidé, avec raison, d’octroyer des primes afin de reconnaître les risques auxquels ils et elles doivent faire face quotidiennement dans le cadre de la crise de la COVID-19.
Malheureusement, en spécifiant les critères d’octroi vous en avez oublié plusieurs, notamment les technologues en imagerie médicale, les technicien·ne·s de laboratoire, et tou·te·s les technicien·ne·s et professionnel·le·s qui ne travaillent pas dans un CHSLD.
Nous convenons que votre objectif est légitime. De plus, ces sommes n’étant pas tirées du budget des établissements, les gestionnaires n’ont aucune raison financière pour les refuser à leurs employé·e·s. Malgré la volonté de notre gouvernement, les directions de certains établissements font preuve d’un aveuglement volontaire et effronté puisque l’octroi de ces montants est interprété différemment d’un établissement à l’autre.
Au Centre universitaire de santé McGill par exemple, on refuse d’accorder la prime aux technologues en imagerie médicale qui font des examens pour les patient·e·s de l’urgence. Le CUSM a décidé qu’ils et elles ne méritaient pas de la recevoir sous prétexte qu’un mur de plomb protège le département de la radiologie des patient·e·s. Mais, en réalité, ces technologues doivent interagir directement avec la clientèle qui se présente à l’urgence de l’hôpital.
La prise de conscience du gouvernement concernant les faiblesses du système de santé et de services sociaux a été un accélérateur pour la revalorisation des emplois dans le réseau.
Le gouvernement veut soutenir les membres du personnel qui ont choisi de faire carrière avec une profession qu’ils et elles ont à cœur. Vous devez vous assurer que les gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux partagent la même vision et font preuve de la même compassion envers leurs salarié·e·s.
Les technologues qui travaillent à l’urgence doivent porter des équipements de protection en tout temps car ils et elles sont constamment en contact avec des personnes potentiellement contaminées par la COVID-19, en plus d’être en présence de personnes confuses ou agressives qui ne tolèrent pas le port du masque et projettent des sécrétions aux visages des travailleur·euse·s.
Le CUSM étant désigné pour recevoir des patient·e·s ayant reçu un diagnostic positif pour la COVID-19, comment justifier le refus des gestionnaires de reconnaître le risque auquel s’expose le personnel?
M. le premier ministre, M. le ministre Dubé, entendez notre cri du cœur. Les anges gardien·ne·s du CUSM se mettent quotidiennement en danger pour offrir des services de qualité à la population. Il est temps de cesser de tenir le personnel professionnel et technique pour acquis.
Veuillez s’il vous plaît rappeler à l’ordre les gestionnaires du CUSM.
Sandra Etienne, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Centre Universitaire de Santé McGill