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Les extrémistes: ces gens à qui on accorde trop d’importance

À force d’en parler, on croira qu’ils sont partout et qu’ils représentent la majorité. Les extrémistes islamiques. Les 3-4 hurluberlus qui vont venir dire à une poignée de brebis égarées que marcher au milieu du trottoir, quand on est une femme, c’est mal.

On aurait voulu organiser une campagne pour alimenter l’islamophobie qu’on n’aurait pas fait mieux. La question, maintenant, n’est pas de savoir combien seront-ils à manifester contre cette conférence devant le Palais des Congrès le sept septembre prochain, mais combien y seront pour les bonnes raisons? Sur la page Facebook des Québécois musulmans contre l’intégrisme et l’islamophobie, la chicane est déjà solidement pognée.

Le Collectif québécois contre l’islamophobie leur reproche de tomber dans le panneau opportuniste du PQ en mobilisant des islamophobes.

Les Québécois musulmans contre l’intégrisme et l’islamophobie leur répondent qu’entre les discours fondamentalistes et islamophobes, ils sont pris entre deux extrêmes.

Pour le Québécois mal informé qui confond «islamisme», «islamophobie», quoi qu’il en soit, trop c’est trop!

Mais les questions soulevées par cette bisbille 2.0 méritent d’être posées.

Il est normal et souhaitable de s’opposer à la tenue de conférences aux propos haineux. Mais qu’est-ce qui génère une réaction aussi vitriolique dans le cas de ces prédicateurs islamistes? La colère légitime envers des gens qui tiennent des propos haineux est-elle alimentée chez certaines personnes par un petit fond de peur de l’autre? Accorde-t-on autant d’attention à ceux qui se plantent pendant 40 jours deux fois dans l’année devant la clinique Morgentaler? Déchire-t-on notre chemise chaque fois que des propos sexistes sortent de la bouche d’un animateur de radio-poubelle? Fait-on autant de tapage médiatique quand la Fédération des Québécois de souche organise une conférence mettant en vedette Jared Taylor, qui tient un discours qu’il serait poli de qualifier simplement de suprémaciste blanc? C’était en juin dernier, et personne n’en a parlé. À part… la Fédération des Québécois de souche.

Il est de notre devoir de se révolter contre un discours qui réduit la femme au rang d’objet (ou de «servante» de quelque dieu que ce soit). Mais pourquoi cela semble-t-il plus facile de le faire quand ça vient d’un groupe issu d’une religion différente de celle de la majorité? À ce qui semble être l’aube d’une nouvelle crise identitaire, il serait judicieux de prendre le temps de respirer un peu, question de faire la part des choses.

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