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Il manque un élan

Michel Venne - Directeur général de l’institut du nouveau Monde

Après l’année mouvementée du printemps érable, l’élection du 4 septembre 2012 a porté au pouvoir un gouvernement minoritaire qui fut immédiatement stoppé dans son élan par un attentat armé. Le meurtrier a gâché la fête. Et qu’on le veuille ou non, une certaine peur est restée dans l’air.

D’autres facteurs ont encore contribué à freiner les ardeurs du premier gouvernement du Québec dirigé par une femme (en soi, une révolution). Une opposition farouche et matamore à l’Assemblée nationale. La réalité des finances publiques. Les pressions des milieux économiques et de la finance mondiale.

Dans les semaines qui ont suivi son élection, le gouvernement a bel et bien montré que le changement était à l’ordre du jour par quelques décisions comme l’abolition de la hausse des droits de scolarité, l’abrogation de la Loi 78, qui réprimait les manifestations étudiantes, la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly- 2, la rupture d’une entente pour la relance de la mine d’amiante Jeffrey et l’ajout d’un palier d’imposition pour les plus fortunés. Plus tard, les règles de financement des partis politiques et celles entourant l’octroi de contrats ont été resserrées.

Cette période effervescente fut de courte durée et fut vécue dans la confusion. Le feu d’artifice initial n’a pas semblé marquer positivement les esprits.

Puis est venu le temps de l’apaisement. Le Sommet sur l’enseignement supérieur a atteint le principal objectif du gouvernement : mettre la crise sociale de 2012 derrière nous et renouer le dialogue. Dans le contexte, il eut été impossible de faire plus. Les chantiers qui en sont issus donneront probablement des résultats plus tangibles. Le défi pour nos institutions d’enseignement supérieur demeure énorme.

Avec son projet de loi sur la langue et celui qui s’en vient sur les valeurs québécoises, le gouvernement péquiste cherche à affirmer sa différence. Le débat est ouvert. Sur le reste, on discute. On ajuste. On se bat avec la conjoncture économique. On coupe les fonds partout.

Un an après, les partis gardent un œil sur les sondages. L’arrivée d’un nouveau chef au PLQ n’a pas produit de miracles, évidemment. Les appuis à la CAQ régressent. On ne sent pas chez les politiciens l’envie d’en découdre. Ni celle de faire triompher une vision de la société qui nous porterait plus loin. On transige. Un théâtre des apparences se construit. Le risque le plus grand est de provoquer une déception telle que tout le monde décroche.

L’année 2012 fut une année de grande mobilisation. 2013 sera-t-elle l’année de la démobilisation? Vivement un sursaut! Vivement un élan.

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