Le sommeil des ados: pas de tout repos
Les enfants qui dorment bien réussissent mieux en classe. C’est ce que révèle une enquête menée récemment auprès de jeunes et de professionnels qui travaillent dans le milieu scolaire québécois.
Selon elle, les adolescents qui dorment le moins ont des notes plus basses. Cette observation est appuyée par de nombreuses recherches scientifiques qui confirment que les troubles du sommeil constituent un facteur déterminant dans la performance scolaire des enfants et des adolescents.
«Le sommeil est indispensable à la récupération de l’organisme et l’assimilation des connaissances est optimale lorsqu’elle est suivie d’une nuit complète», a expliqué le professeur au Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Roger Godbout.
Pour illustrer ses propos, le psychologue a cité le cas de trois adolescents qu’il a rencontrés au cours de son enquête sur le terrain. Emmanuelle, qui lit jusque tard dans la nuit, se plaint de maux de tête et de fatigue le jour; Xavier s’endort souvent en classe parce qu’il est rivé à son ordinateur jusqu’aux petites heures du matin; et Julien, trop stressé parce qu’il n’arrive pas à tout faire pendant la journée, ne parvient pas à s’endormir avant minuit.
Des conséquences fâcheuses
Ces comportements en apparence banals auraient pu avoir de fâcheuses conséquences. «Les humains semblent assez bien s’accommoder d’un manque de sommeil occasionnel, précise M. Godbout, mais, à long terme, le cerveau s’en trouve affecté. On observe des changements d’humeur, des problèmes de concentration et une diminution des performances cognitives.»
Une hygiène de sommeil
Dans les trois exemples donnés, les effets du manque de sommeil auraient pu être évités si Emmanuelle, Xavier et Julien avaient eu une meilleure «hygiène de sommeil», selon l’expression de M. Godbout. On prévient les difficultés d’endormissement lorsqu’on crée un environnement calme et apaisant avant d’aller au lit. Il recommande de faire de la chambre à coucher une zone exclusive de sommeil, d’adopter des horaires réguliers de coucher et de lever, d’éviter de regarder la télévision, de jouer à des jeux vidéo ou de surfer sur internet juste avant de dormir et de ne pas consommer, après 17 h, d’excitants comme le café, le thé, l’alcool et les sodas à base de caféine.
Les adolescents ont besoin en moyenne d’au moins neuf heures de sommeil, signale Roger Godbout, mais la plupart en dorment moins de sept à cause des horaires de classe.