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Investissement ou dépense?

De nos jours, il n’est plus rare de voir les individus partir à la conquête de leur rêve. Coûte que coûte, l’avenir appartient à celui qui fait ce qu’il aime. Mais le prix peut parfois être difficile à payer et la dette longue à rembourser.

Valéry-Kim Gosselin en sait quelque chose. Et sa dette de quelque 15 000 $ contractée pour ses études en musique à l’Université Laval est là pour le lui rappeler. «Mes parents s’objectaient à mon choix de carrière, dit-elle. Ils ont cru que, s’ils ne payaient pas, je choisirais un autre chemin.» Elle a donc assumé elle-même le coût de sa formation, qu’elle ne regrette toutefois pas le moins du monde.

Quand on fait un salaire annuel qui frôle le montant total de nos dettes, ça peut faire peur, parfois. Mais pour Valéry-Kim, arriver à en vivre était relatif, comme pour tout le monde. «Certains vont bien vivre avec un salaire à 15 000 $, dit-elle. Moi j’ai réussi à en vivre pendant six ans et j’en suis fière.»

C’est en faisant de l’enseignement dans des écoles privées, en dirigeant une chorale et en faisant partie d’un groupe, à travers mille et une autres activités, que Valéry-Kim a pu réussir à subvenir à ses besoins. Aujourd’hui, elle continue l’enseignement, quand elle n’est pas occupée à prendre soin de Camille, sa petite fille d’un an et demi.

Dettes accumulées

Si Valéry-Kim est sereine par rapport à sa formation, le sentiment n’est pas toujours partagé. À la fin de son secondaire, Sébastien Rioux (nom fictif) voulait créer des montages. Il s’est donc inscrit en conception sonore, à l’Institut Trebas, un établissement privé. Cinq ans plus tard, les 8?000?$ de dettes qu’il lui reste à payer lui font regretter amèrement son choix.

«J’ai cherché un emploi pendant deux ans, affirme-t-il. J’ai envoyé beaucoup de CV, mais personne ne m’a rappelé. Les programmes sont trop courts et trop concentrés sur la théorie.»

Aujourd’hui, Sébastien ne travaille pas du tout dans le domaine de la conception sonore et ne connaît personne de son cours qui a réussi à en vivre pleinement.

Valéry-Kim et Sébastien remboursent presque le même montant par mois dans le but d’effriter une dette coriace qui diminue lentement mais sûrement. Alors que Valéry-Kim le voit comme un investissement, Sébastien s’en veut d’avoir perdu tout cet argent. Même remboursement, deux histoires.

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