Métro, boulot, travaux, dodo
À 25 ans, maman d’un petit poupon d’un an, Evelyne Laverdière a décidé de retourner aux études pour aller chercher un certificat en planification financière à temps partiel. Mais celle qui aspire à obtenir un baccalauréat par cumul de certificats pourrait encore être sur les bancs d’école d’ici la prochaine décennie.
«À raison d’un ou deux cours par session, c’est sûr que ça va me prendre beaucoup de temps pour atteindre mon objectif, explique-t-elle. Et avec tout le reste, je ne peux vraiment pas aller plus vite.»
Tout le reste, c’est non seulement les travaux de session et les heures d’études, mais aussi les tâches ménagères, le boulot et les activités familiales. Pour cette jeune mère de famille, les concessions sont nombreuses afin de tout concilier. «Il faut savoir faire des sacrifices et gérer son temps pour s’occuper de chacune des facettes de sa vie, explique-t-elle. Ça prend énormément d’organisation et un chum conciliant!»
Étudier pour mieux travailler
Si Evelyne accepte tous ces sacrifices, c’est dans le but précis d’accéder à des postes plus intéressants.
Ayant complété une attestation collégiale en gestion financière informatisée, Evelyne s’est butée aux portes closes lorsqu’il était question de gravir les échelons.
«Pour avancer, pour avoir plus d’opportunités d’emploi, j’ai décidé de faire un certificat en planification financière, lance-t-elle. Selon les exigences de la compagnie, j’ai clairement compris que mon attestation ne serait pas suffisante.»
Evelyne a envisagé d’arrêter de travailler un certain temps pour se consacrer à ses études et les finir plus rapidement, mais croit qu’elle sera perdante au bout du compte. «Mon employeur ne me permet de prendre que deux années à mes frais sans perdre mon ancienneté, mais un baccalauréat, c’est plus long que ça, explique-t-elle. Et je n’aime pas l’idée de lâcher mon travail pour en trouver un autre après.»
L’idée d’obtenir un prêt du gouvernement la laisse plutôt froide. «Déjà, je suis chanceuse parce que c’est mon employeur qui me paie mes études, dit-elle. Je ne veux surtout pas m’endetter.»
Bien qu’elle passera les prochaines années tiraillées entre ses rôles de travailleuse, d’étudiante, de mère de famille et de conjointe, Evelyne croit investir en son avenir. «Au bout du compte, j’aurai des postes plus stimulants et de meilleures conditions de travail et de vie, dit-elle. Même si souvent, c’est ma vie sociale qui en prend un coup!»