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Les défis de la rentrée pour les profs

Septembre est déterminant pour le reste de l'année scolaire. Photo: Archives | Métro
Catherine Girouard, Métro

Pendant que les étudiants aiguisent leurs crayons neufs, leurs futurs professeurs se préparent à les accueillir pour une autre année sur les bancs d’école avec enthousiasme, mais aussi avec cette petite inquiétude qui revient à chaque rentrée scolaire.

«Le vieux savoir dit que le mois de septembre est déterminant pour le déroulement de toute l’année scolaire, souligne le professeur en enseignement de l’Université de Sherbrooke Marc Boutet, aussi responsable des stages des futurs enseignants. Les premiers contacts entre l’enseignant et les élèves sont très importants.»

Après une semaine pédagogique où les enseignants de chaque école se réunissent pour planifier le contenu des cours, le vrai défi commence donc avec l’arrivée des élèves. Les professeurs doivent établir leur cohérence dès le début de l’année (faire sentir aux étudiants ce qui est important pour eux et appliquer ce qu’ils disent avec cons­tance), afin de ne pas perdre le contrôle de leur classe, explique M. Boutet. «Il faut être égal avec tout le monde et être conséquent dans ce que l’on dit», renchérit Stéphanie Veilleux, qui enseignait l’an dernier à l’école secondaire Ozias-Leduc, à Mont-Saint-Hilaire.

Cela peut paraître simple, mais toute la complexité du travail d’un professeur est là. «Un enseignant doit établir sa cohérence, mais toujours en s’ajustant à sa classe, car chaque groupe d’élèves est différent, poursuit M. Boutet. Il n’y a pas beaucoup d’erreur permise là-dedans.»

Annie St-Pierre, professeure de cinquième année à l’école des Hauts-Bois, sur la Rive-Nord, est bien d’accord, citant Jean-Jacques Rousseau?: «Il faut savoir perdre son temps pour en gagner». Cela décrit bien, à son avis, ce qu’il est important de garder en tête pour un professeur. «Il faut prendre le temps de connaître ses élèves et d’établir un cadre dès le début, affirme Mme St-Pierre. Et il ne faut pas hésiter à s’arrêter pour rectifier le tir en cours de route si nécessaire.»

Tous ces principes s’appliquent autant au niveau secondaire que primaire, croit Marc Boutet. Pour ce qui est du postsecondaire, il explique que le fonctionnement est le même, mais que les professeurs paient moins cher leur manque de cohérence. «Les universitaires ont déjà appris ce qu’ils doivent faire pour que le professeur soit content et vont fonctionner même si l’enseignant n’est pas cohérent», affirme-t-il.

Pour le meilleur et pour le pire

«Je suis toujours très stressée à la rentrée scolaire, avoue Stéphanie Veilleux. Les jeunes te jugent et te testent pour connaître tes limites et voir si tu es sévère ou non. Et cela dure presque deux mois!»

Mme Veilleux n’est pas la seule à trouver les débuts d’année difficiles. En début de carrière, il est fréquent que les enseignants aient de la difficulté à garder le contrôle de leur groupe. Selon Marc Boutet, 25 % d’entre eux quittent même la profession dans les cinq premières années de pratique.

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