Orthésiste, un métier en expansion et évolution
Depuis une vingtaine d’années, la profession d’orthésiste et prothésiste est en pleine expansion et risque de se développer encore davantage avec le vieillissement de la population.
«Depuis 1987, soit depuis que nous offrons la formation, notre taux de placement est de 100 %», affirme Pierre Beaudry, coordonnateur du département d’orthèses et prothèses du Collège Montmorency.
Le vieillissement de la population explique en partie ces grands besoins en orthésistes prothésistes. Plusieurs nouveaux laboratoires ouvrent en régions pour subvenir aux besoins, explique M. Beaudry. La demande risque d’augmenter encore dans les prochaines années.
Mais le coordonnateur explique qu’il y a peu d’orthésistes prothésistes au pays, laissant donc beaucoup de place aux nouveaux diplômés sur le marché du travail. «À Montréal, le Collège Montmorency est le seul établissement à offrir ce programme, soulève M. Beaudry. L’Université de Montréal donnait cette formation auparavant, mais se refuse à l’offrir depuis 1981 en raison des coûts élevés que cela engendre pour l’institution.»
En effet, tout le matériel nécessaire pour former les futurs orthésistes et prothésistes est très dispendieux pour. Pour cette raison, seulement quatre ou cinq écoles offrent cette formation au pays.
Malgré cela, les étudiants n’ont pas à débourser davantage pour étudier dans ce domaine. Cette formation de trois ans mène à un diplôme d’études collégiales.
Qualités requises
Pour aimer le métier d’orthésiste prothésiste, il faut être empathique, croit M. Beaudry. «C’est cela qui te ramènera au travail jour après jour, ainsi que les liens que tu tisseras avec tes clients en leur donnant un service», commente-t-il.
Cela peut paraître bien simple, mais plusieurs quittent la profession après un ou deux ans de pratique. «Les clients qu’on rencontre sont souvent rébarbatifs, viennent de subir un accident ou une perte, explique M. Beaudry. Cela peut être difficile à gérer pour certaines personnes. Il faut avoir la capacité de performer sous une certaine dose de pression.»
Une formation collégiale suffisante?
«Le but de ma vie est de ramener cette formation à l’université», confie le coordonnateur au cégep Montmorency. Ce dernier est persuadé qu’un DEC est maintenant insuffisant aux orthésistes prothésistes.
«Le rôle des orthésistes prothésistes a beaucoup changé depuis les années 50, explique-t-il. Avant, ils n’étaient que des fabricants de prothèses. Maintenant, ils font des consultations cliniques et posent des actes professionnels alors qu’ils n’ont qu’un DEC. Une formation universitaire professionnaliserait le métier.»