Formation et emplois

Virage familial en milieu de travail

Nathalie Villeneuve - Métro

Avec ses garderies à 7 $ et ses congés parentaux, le Québec est un chef de file nord-américain du soutien aux familles. Il amorce maintenant le virage familial dans les milieux de travail. Le Québec, un paradis pour les familles? Le titre d’un livre paru l’automne dernier pose la question. Les auteurs, Luc Godbout et Suzie St-Cerny, répondent par l’affirmative.

Cependant, «peu de me­sures gouvernementales de conciliation travail-famille visant directement les milieux de travail ont été introduites au Québec». C’est là, concluaient-ils, le talon d’Achille de la politique familiale québécoise.

Aide financière
Le 24 mars, le ministère de la Famille rendait public le Programme de soutien financier aux milieux de travail en matière de conciliation travail-famille, pourvue d’une enveloppe de 2,3 M$.
Entreprises et associations patronales, syndicales et sectorielles peuvent ainsi désormais toucher une aide financière pour des initiatives facilitant la vie aux parents ou aux aidants naturels. Horaires adaptés, télétravail, congés familiaux – la créativité est de mise. Les orientations doivent toutefois émaner d’un comité conjoint réunissant employeurs, em­plo­yés et syndicats, s’il y a lieu.

Certifié famille
Parallèlement au lancement du Programme, le Bureau de normalisation du Québec tient une consultation pu­blique sur un projet de norme permettant aux entreprises de se distinguer sur la base de leurs efforts de conciliation. Cette norme devrait voir le jour à l’automne. «Les entreprises pourront afficher un sigle», note Rossana Pet­tinati, représentante des Manufacturiers et exportateurs du Québec au comité de normalisation sur la conciliation travail-famille.

Certains employeurs, dans le secteur manufacturier notamment, peinent à attirer la main-d’Å“uvre. Des me­sures favorables à la famille sont «un facteur d’attraction et de rétention», estime Mme Pettinati.

Loi-cadre
À la Confédération des syndicats nationaux (CSN), on aurait préféré une loi. «Je pense à une loi-cadre souple. Les besoins peuvent différer, selon les entreprises, ex­plique la présidente, Clau­dette Carbonneau. «Une norme, ce n’est qu’une mesure incitative. Nous, on veut des obligations et un délai X, pour qu’on passe à une autre vitesse.»

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