Formation et emplois

Un diplôme en prison

Elisabeth Braw, Métro World News

Sam Amaya devait tuer des membres d’un gang rival. Son arme a flanché, mais à 24 ans, il a quand même été envoyé en prison. Le jeune homme a été chanceux dans sa malchance : le centre de détention où il a été envoyé, au Texas, venait de lancer le programme «Jail MBA».

L’école, nommée Prison Entrepreneurship Program (PEP), a été fondée il y a quatre ans par une jeune investisseuse de Wall Street, Catherine Rohr. «J’ai constaté que de nombreux détenus comprenaient déjà la base des affaires, comme la gestion du risque et les marges de profit, explique-t-elle. Ils utilisaient ces connaissances pour s’occuper de leurs entreprises illégales. J’ai donc voulu leur donner les outils nécessaires pour qu’ils puissent se lancer en affaires légalement.»

Trois prisons texanes et des douzaines de gens d’affaires ont adhéré à son idée. Depuis, pas moins de 441 détenus ont obtenu un diplôme du PEP. Ce n’est pas tout : 428 d’entre eux ont décroché un emploi en sortant de prison, alors que 47 ont lancé leur propre compagnie.
Sam Amaya est l’un de ceux-là, et il exploite maintenant un studio d’enregistrement.

Persévérance

S’inscrire au PEP signifie toutefois lire de volumineux bouquins et faire des présentations devant des dirigeants d’entreprises. «Des PDG de partout dans le monde sont venus évaluer nos plans d’affaires, se souvient M. Amaya. Certains étudiants ont abandonné, mais la plupart d’entre nous comprenaient à quel point ce programme était important. Même si j’étais encore en prison, quatre personnes ont promis qu’elles allaient investir dans ma compagnie!»

Des dirigeants de Goldman Sachs et de Google soutiennent le PEP. Mike Humphrey, vice-président de Tanglewood Invest­ments, à Houston, au Texas, a accepté de devenir un mentor.

«Les étudiants du PEP veulent vraiment changer leur vie, dit-il. Ils ont été des chefs de gang ou encore des revendeurs de drogue et ils sont très charismatiques. Ils peuvent convaincre les gens de les suivre. Ils sont des vendeurs nés!»

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