Formation et emplois

Designer de vélo: un métier pour passionnés

Le plus récent État du vélo, publié par Vélo Québec en 2005, révélait que 5,3 M de bicyclettes avaient trouvé preneur dans la province. De ce nombre, 1,1 M de vélos circulaient dans les rues de Montréal. Devant cette popularité grandissante, la profession de designer de vélo commence à sortir de l’anonymat.

Le Québec est la province canadienne où il se vend le plus de bicyclettes per capita. Pourtant, les designers de vélo ne sont pas légion dans la Belle Province. Il faut dire qu’aucune formation spécifique n’existe pour intégrer la profession. Le baccalauréat en design industriel constitue toutefois l’un des passages populaires.

«Le design industriel se situe entre la création de type beaux-arts et l’ingénierie, a expliqué Luc Courchesne, directeur de l’école de design industriel de l’Université de Montréal. C’est une formation où on apprend qu’on peut réinventer le monde. Le transport est donc un secteur que l’on touche beaucoup.»

L’exemple d’Opus
La compagnie montréalaise Opus, qui conçoit les vélos du même nom, emploie trois desi­gners. Aucun d’entre eux n’a toutefois étudié en design urbain.

Stéphane Lebeau, qui possède une formation en éducation physique, Alec Ste­pha­ni, qui a Å“uvré dans le mon­de du marketing, et Eric Kotlarsky, qui a dirigé une équipe de course cycliste, sont plutôt des passionnés de vélo qui, un jour, ont souhaité joindre l’utile à l’agréable. «Il n’y a pas de recette pour devenir designer de vélo, a indiqué Alec Stephani. C’est un métier qui se crée sur le tas puisque chaque compagnie a sa façon de faire, son style. Il faut avant tout être passionné et baigner dans le milieu.»

La passion est en effet essentielle dans ce milieu en croissance où les perspectives d’emploi ne sont pas toujours encourageantes.

«Il n’y a pas tant de compagnies que ça, au Québec, qui conçoivent des vélos, a rappelé Stéphane Lebeau. Les débouchés sont donc limités.» La majorité des étudiants en design industriel doivent d’ailleurs se résigner à explorer plus d’un secteur de l’industrie, précise Luc Cour­chesne.

Se réinventer
Chaque année, de nouveaux vélos prennent d’assaut le marché. Les designers doivent donc, chaque année, se surpasser et trouver de nouvelles façons d’améliorer leurs produits. «C’est un défi de ne pas se répéter, a admis M. Stephani. Il faut, chaque saison, trouver comment améliorer les vélos. Au-delà du développement du produit, je pense qu’il faut avoir un idéal de produit pour aller toujours plus loin.» Les concepteurs doivent aussi tenir compte des nouvelles réalités de la pratique du vélo.

«Une des tendances du cyclisme, aujourd’hui, c’est que les gens ne voient plus tant le vélo comme une façon de faire du sport, mais plus comme une façon de se déplacer, a noté Stéphane Lebeau. Il faut tenir compte de ça.»

La conjoncture économi­que aidant, les trois designers croient que l’utilisation du vélo augmentera au cours des prochains mois et des prochaines an­nées. De quoi donner espoir aux passionnés de vélo qui voudraient se lancer dans la conception.

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