Formation et emplois

De caissière à… patronne

«Un jour, j’ai eu envie de travailler dans une banque. Je me suis donc présentée à une succursale Scotia pour leur signifier mon intérêt.» C’est ainsi que l’histoire de Shairoz Dhanani dans le domaine bancaire a débuté.

Ses parents étaient commerçants, et c’est tout naturellement que, pour ses premiers emplois, elle a choisi la vente au détail. Elle a toujours aimé le contact direct avec la clientèle. Elle a donc continué de le faire, dans un nouveau contexte, lorsqu’elle fut engagée, à sa 2e tentative chez Scotia, comme caissière.

Soucieuse d’offrir des con­seils judicieux, elle prenait soin d’apprendre à connaître les différents produits offerts par la banque. Constatant son intérêt et ses efforts, son supérieur lui a offert un poste au service à la clientèle et, d’échelon en échelon, 20 ans plus tard, elle est maintenant directrice de succursale.

Adaptation facile

Née de parents zaïrois, mais originaires de l’Inde, elle s’est installée à Montréal avec eux alors qu’elle était au début de l’adolescence. «Je n’ai pas vécu ça difficilement. Quand on est enfant, on s’adapte plus facilement.» C’est seulement sur le marché du travail qu’elle a senti une résistance. Elle avait l’impression de devoir en faire plus pour prouver qu’elle était compétente. «Mais ça ne m’a pas dérangée. J’ai été éduquée comme ça par mes parents : travaille fort, donne ton 110 %.»

Shairoz est de nature compétitive. Dites-lui qu’elle sera incapable de faire quelque chose et elle redoublera d’efforts pour vous prouver le contraire. Son souci de performance et ses succès n’ont pas toujours été bien perçus par certains collègues.

«Je n’ai jamais eu l’ambition de m’élever dans la hiérarchie. Je voulais seulement donner mon meilleur. Parfois, j’ai senti certaines tensions avec d’autres employés qui voyaient d’un mauvais Å“il, je crois, qu’une immigrante, nouvellement arrivée dans le service, ait de meilleurs résultats qu’eux.»

Lorsqu’elle a commencé dans le domaine, elle n’aurait jamais pu imaginer qu’elle serait un jour nommée directrice. Selon elle, les mentalités ont beaucoup changé au fil du temps. «Auparavant, un tel poste n’était même pas envisageable, à la fois à cause de mon origine étrangère et du fait que je suis une femme. C’était une double difficulté.» Elle a donc simplement ac­cepté les défis qu’on lui of­frait et, une fois acquise l’expérience nécessaire pour
de­venir directrice, les barrières tombées, la porte s’est ou­verte pour elle sans problème.

Passionnée par son travail, elle souligne l’importance de l’équipe. Elle apprécie le lien de confiance qu’elle arrive à tisser avec ses patrons et ses employés. Aujourd’hui, elle ne retrouve plus de traces de cette méfiance qu’elle pouvait sentir au début. Les gens sont plus ouverts.

«Il faut dire que la clientèle elle-même a changé. La diversité culturelle des gens que nous servons est beaucoup plus grande. Il est donc normal d’évoluer avec elle.»

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