Formation et emplois

La parole à Pierre Saint-Germain, président de la FAE

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) soulignait hier le 10e anniversaire de la réforme de l’éducation au Québec. Quel bilan tracez-vous de ces 10 ans?

Le bilan n’est pas reluisant, il est même négatif, tant pour les élèves que pour les enseignants. Il est particulièrement désastreux chez les élèves en difficulté, que la réforme devait le plus aider au départ. La réforme ne fonctionne pas.

Quelles modifications seraient nécessaires?

Il faudrait recentrer les programmes sur les connaissances et permettre leur enseignement. Pour ce faire, il faudrait retirer des programmes actuels les approches pédagogiques qui sont imposées. Le socioconstructivisme et la pédagogie par projets devraient être mis de côté. Les professeurs devraient également être en mesure d’évaluer les élèves de façon claire dans un bulletin.

Sentez-vous que le gouvernement est ouvert à vos demandes?

Le discours de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, est encourageant. Elle est très critique de la réforme. Le problème, c’est que pendant que la ministre parle, son ministère n’agit pas dans le même sens. On continue donc de faire des formations avec une approche par compétences, à faire des formations sur le socioconstructivisme et à développer des méthodes d’évaluation basées sur les compétences.

Croyez-vous que la société québécoise sera pénalisée lorsque les élèves de la réforme gagneront les cycles supérieurs d’éducation?

On risque de revoir plusieurs élèves dans les programmes d’éducation aux adultes parce qu’ils n’auront pas les acquis nécessaires pour poursuivre leurs études. Des programmes devront également sans doute être ajustés. Déjà, la ministre Courchesne a dit s’inquiéter du niveau de connaissances des élèves qui prévoient entrer au cégep dans quelques années et compte instaurer des mises à niveau.

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