Formation et emplois

Émigrer par tradition

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal, des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail.

Le père de Jean-Philippe Guidibi, un Béninois, a fait ses études au Québec avant de retourner au Bénin élever sa famille. Heureux de son expérience, il a toujours voulu que ses enfants viennent vivre et étudier à Montréal.

Jean-Philippe a donc suivi les traces de son père et de ses frères et, à 18 ans, a débarqué au Québec, en plein mois de décembre, pour faire des études aux HEC de Montréal. «Comme j’avais de la fa­mille ici, ça a facilité mon intégration.» Il avait également entendu parler de la neige et du froid, ce qui a atténué le choc. Mais on ne peut jamais savoir ce que c’est avant de l’avoir vécu… «J’arrivais d’un endroit où il faisait 37 oC deux jours avant!»

Au Bénin, pas besoin de s’inquiéter de la météo : il fait toujours soleil. Peut-être cela explique-t-il son optimisme. Selon lui, c’est un des apports de sa culture à la vision des gens d’ici. «Chez nous, on dit souvent : demain sera meilleur! Ici, au Québec, les gens ont parfois tendance à se décourager.»

Il aime beaucoup le milieu multiculturel de Desjardins, où il travaille maintenant comme conseiller, service aux membres. «J’aime beaucoup apprendre sur d’autres cultures. J’aime l’ouverture qu’il y a ici. Ailleurs, c’était bien aussi, mais je ne sais pas si je pourrais retourner dans un environnement moins diversifié.»

D’ailleurs, il a réalisé son rêve en devenant employé de cette coopérative, après son baccalauréat et une expérience d’une année comme agent financier dans une autre entreprise d’ici. «J’ai toujours été impressionné par la réussite de ce modèle coopératif financier et ça rejoint mes valeurs. Je viens d’un pays où on a des problèmes de développement et je suis convaincu que ce genre de modèle devrait être reproduit.»

Heureux sans bémol
Au Bénin, une jeune démocratie, l’accès aux études n’est encore réservé qu’à une partie de la population. Quand on veut travailler dans le domaine financier, le Québec est un meilleur choix, selon Jean-Philippe.

Il n’a pas eu de difficulté à s’intégrer au marché du travail, notamment grâce au réseau qu’il s’est créé. «La tendance, c’est de rester avec les siens, en terrain connu, mais j’ai très vite réalisé qu’il fallait sortir de ce cocon-là et rencontrer d’autres personnes pour savoir ce qu’il y a au-delà.»

Est-ce une manifestation de son optimisme? Rien ne semble le déranger ici. Même le froid, dont il s’accommode. Il est retourné au Bénin une seule fois depuis son arrivée ici. «C’est sûr que ça me manque parfois, mais com­me une partie de ma famille est ici, je vis moins difficilement l’éloignement.»

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