Formation et emplois

Le retour du bûcheron

Alors que le secteur forestier vit des heures sombres, le métier de bûcheron, lui, est en pénurie de main-d’Å“uvre. «À cause du manque d’inscriptions, nous avons depuis quelques années de la difficulté à démarrer notre programme d’abattage manuel et débardage forestier», explique Robert Seuron, directeur adjoint au Centre de formation professionnelle Mont-Laurier.

Même son de cloche du côté de Serge Beaulieu, enseignant au C.F.P. du Fleuve-et-des-Lacs de Caba­no. «Normalement, nous devrions avoir de 8 à 10 élèves; présentement, nous n’en avons que 5. Avec la retraite des plus vieux bûcherons, nous ne suffisons pas à la demande. Nos étudiants sont à peine sortis de la formation qu’ils sont déjà engagés.» Malgré un taux de placement intéressant (83,3 % en 2007, 100 % en 2008), «le recrutement reste difficile. Peut-être à cause de la perception populaire presque folklorique de la profession.»

Des professionnels
«Dans les pays scandinaves, les bûcherons sont perçus comme des professionnels de la forêt, ce qui n’est pas le cas ici», explique François Leblanc, technicien en formation professionnelle au Centre de formation et d’extension en foresterie de l’est du Québec à Causapscal. À moins que ça ne soit la nature saisonnière de la profession – elle s’exerce du 15 juin à la fin octobre – qui en décourage plus d’un… «Je ne crois pas, nuance-t-il. Nous avons d’autres programmes saisonniers qui sont toujours populaires.»

La situation est d’autant plus difficile à comprendre que l’aspirant bûcheron peut aussi combiner sa formation à celle en abattage et façonnage de bois, grâce à laquelle il maîtrisera autant l’abattage manuel que mécanique, une stratégie qui lui permettra de travailler été comme hiver. «Ce sont les exigences du travail qui les découragent. Beaucoup d’entre eux préfèrent se diriger vers le débroussaillage, moins exigeant physiquement», lance François Leblanc. «Et puis, il faut bien reconnaître que pour des parents qui rêvent de l’université pour leurs enfants, le métier de bûcheron n’est pas le premier qui vient en tête, et ce, malgré ses perspectives favorables», conclut Robert Seuron.

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