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«Redresseur scolaire», de la fiction à la réalité

À la télé, depuis le retour de Virginie, on assiste avec scepticisme aux efforts de la nouvelle directrice de Sainte-Jeanne-D’Arc pour redresser la barre de son navire fou. Fiction ou réalité?  Fabienne Larouche n’a rien inventé : il existe véritablement des «redresseurs d’école» au Québec. Francis Robidoux en est un depuis 1991.

«Lors de la deuxième année de Virginie, Fabienne Larou­che est venue visiter l’école que j’administrais pour s’en inspirer, raconte-t-il. Elle a observé la vie dans l’école, et elle a même rencontré les étudiants et le comité de parents, mais elle considérait que je ne cadrais pas dans ce qu’elle cherchait. Même si j’avais une main de fer dans un gant de velours, j’étais trop aimé des intervenants et j’avais trop de succès dans mes initiatives, alors qu’elle cherchait un directeur dé­testé de tous et perpétuellement en guerre.»

Mais cela n’a pas empêché l’auteure de revenir quel­ques années plus tard avec un nouveau directeur spécialisé cette fois-ci dans le redressement d’école.

Inspiration indirecte
Si Mme Larouche ne s’est pas directement inspirée de Francis Robidoux, le travail qu’elle décrit  ressemble beaucoup au sien. «Comme le mandat est large et que nous devons nous occuper autant de gestion financière que des ressources ou de la vie pédagogique, nous devons absolument connaître l’école sous toutes ses coutures pour lui trouver la meilleure solution, explique M. Robi­doux. Quand on la connaît bien, quand on est sur le terrain avec les élèves, les professeurs et tous les intervenants, c’est plus facile de faire l’unanimité autour du but à atteindre.»

Le directeur se fait même un devoir de toujours dîner avec ses étudiants à la cafétéria.
Cette connaissance de l’école permet de s’imposer en douceur auprès des intervenants. «Il faut redevenir significatif pour les étudiants, les encourager, être là quand ils ont besoin de nous», souligne M. Robi­doux, qui s’inquiète de l’avenir de l’institution. «Il faut faire un virage à l’école, il faut qu’elle soit intéressante pour les étudiants, sinon les problèmes vont prendre plus d’ampleur.»

D’ici l’adoption de ce virage, Francis Robidoux continue tranquillement son chemin, plaidant pour cette nouvelle école tout en espérant qu’un jour il pourra partager ses expériences et sa vision du rôle du directeur d’école avec les futurs enseignants dans les facultés universitaires. 

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