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Perdre de l'argent en perdant son nom de jeune fille

Elisabeth Braw - Metro World News à Londres

Selon une récente étude, les femmes qui portent le nom de famille de leur mari gagnent moins que celles qui gardent leur nom de jeune fille dans les pays où elles ont le choix entre les deux patronymes.

Transformer mademoiselle en madame peut sembler romantique. Pourtant, les femmes qui adoptent le nom de leur mari pourraient voir leur carrière en souffrir, avertissent des chercheurs hollandais. Il faut croire que la loi québécoise statuant que les époux gardent chacun leur nom a des effets bénéfiques inattendus…

Selon une récente étude publiée dans Basic and Applied Social Psychology, les femmes qui adoptent le nom de leur mari sont jugées plus dépendantes et moins ambitieuses que celles qui gardent leur nom de jeune fille – mais aussi plus gentilles et plus prévenantes.

De façon plus inquiétante, les épouses qui ont changé de patronyme en se mariant gagnent presque 1 550 $ de moins par mois que les autres. «Il est très difficile d’expliquer cet écart de revenu, explique le docteur Marret Noordewier, un des chercheurs ayant participé à l’étude.

Il est possible que les femmes qui prennent le nom de leur mari gagnent moins d’argent parce qu’elles sont perçues de façon plus négative.» Que remarque-t-on à ce propos en observant les femmes les plus puissantes du monde politique? Ironiquement, c’est en gardant le nom de leur mari qu’elles se sont fait connaître.

Divorcée et remariée, la chancelière allemande Angela Merkel utilise le nom de son premier mari, Merkel. Et après avoir brièvement tenté de conserver son nom de jeune fille, Hillary Rodham Clinton, la secrétaire d’État américaine, est aujourd’­hui plus connue sous le nom unique de Clinton.

Selon les psychologues du Tilburg Institute for Behavioral Economics Research aux Pays-Bas, les femmes qui prennent le nom de leur mari, ou utilisent les deux noms unis par un trait d’union, sont perçues comme moins intelligentes et moins compétentes que celles qui gardent leur nom de jeune fille. «Le changement de nom n’est pas toujours négatif, explique le Dr Noordewier. Mais si les gens ont peu d’informations sur vous, ils se serviront de cette info pour vous juger.»

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