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Le défi des superbactéries

Les superbactéries, résistantes aux antibiotiques, donnent du fil à retordre aux médecins. Elles présentent un beau défi de carrière aux futurs chercheurs en immunologie et en microbiologie.

Radio-Canada annonçait la semaine dernière qu’une bactérie porteuse du gène NDM-1 avait fait une troisième victime en Ontario, après avoir infecté deux autres personnes en Alberta et en Colombie-Britannique. Pourquoi tant d’intérêt pour un microbe qui n’a infecté que trois personnes, alors que les infections bactériennes sont communes, comme tous ceux qui ont souffert de la grippe le savent bien?

C’est qu’il ne s’agit pas d’une bactérie ordinaire, mais bien d’une superbactérie, capable de résister aux antibiotiques, les médicaments utilisés pour les combattre. Lorsqu’on traite une personne infectée par des bactéries à l’aide d’un antibiotique, quelques-unes de ces bactéries survivront parce qu’elles possèdent un gène qui leur permet de résister aux médicaments.

Ensuite, toute leur progéniture sera pourvue de ce gène et pourra également résister à cet antibiotique particulier. Si on attaque ces nouvelles bactéries avec un antibiotique différent ou plus puissant, une nouvelle minorité de tenaces survivront, car elles possèdent un autre gène leur permettant d’y résister. Leur progéniture aura donc deux gènes leur permettant de résister à des antibiotiques. Après quelques générations, vous vous retrouverez devant des bactéries munies de gènes qui les rendent insensibles à de nombreux antibiotiques, les superbactéries.

Ce processus est connu depuis des années, et plusieurs bactéries résistantes à un ou à plusieurs antibiotiques ont été identifiées à ce jour. Chaque fois qu’une nouvelle bestiole est découverte, cependant, c’est l’angoisse. Un jour, une nouvelle superbactérie résistante à la plupart des antibiotiques pourrait se répandre et produire une terrible épidémie. Sans antibiotique efficace, cette bactérie serait très difficile à combattre.

De nouvelles méthodes doivent donc être découvertes pour affronter les superbactéries, ce qui signifie de nouveaux projets dans le domaine de l’immunologie, l’étude des vaccins qui préviennent les infections. Les vaccins seront sans doute notre meilleure défense contre les superbactéries, puisqu’ils fourniront à notre corps des défenses naturelles plus efficaces que les antibiotiques. Or, le Québec jouit d’une grande tradition dans ce domaine. C’est en effet à l’Institut Armand-Frappier que les premiers vaccins conte la tuberculose et la polio ont été produits en Amérique du Nord.

L’Institut Armand-Frappier fait aujourd’hui partie de  l’Institut national de recherche scientifique (INRS), lui-même une composante de l’Université du Québec. L’Institut offre des programmes de maîtrise et de doctorat en immunologie et en virologie, ainsi qu’ en microbiologie appliquée. Il est possible d’accéder à ces programmes avec un baccalauréat en sciences de la vie, par exemple en biologie, en biochimie ou en microbiologie. Ces programmes sont aussi offerts aux universités de Sherbrooke et de Montréal, ainsi qu’à McGill et à Laval. Vaincre la menace des superbactéries, un grand défi en perspective !

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