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Le bulletin unique: Le suspense de la rentrée…

À la veille de la nouvelle année scolaire, plusieurs questions demeurent en suspens en ce qui concerne l’enseignement primaire et secondaire. Le bulletin unique sera-t-il utilisé pour l’évaluation des apprentissages des élèves, comme l’avait promis Québec? Et les connaissances acquises en classe feront-elles l’objet d’examens? La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, doit trancher d’ici la fin du mois d’août. Malgré les délais serrés, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane De Courcy, reste optimiste.

«Sur le plan technique, on nous dit que c’est faisable puisque l’émission des bulletins a lieu au mois de novembre, fait-elle savoir. Il y a une première communication vers la fin du mois de septembre, mais c’est plutôt une communication générale. Somme toute, nous pourrions potentiellement nous rendre en novembre.» «Si les changements sont trop importants, il faudra peut-être penser à une transition en cours d’année ou à les instaurer l’an prochain», admet-elle.

La CSDM aimerait que le bulletin unique soit implanté rapidement, mais pas dans n’importe quelles conditions. Elle veut que les pondérations de chaque étape d’évaluation soient uniformisées dans toutes les écoles du Québec, que les connaissances soient évaluées de façon explicite et que les intervenants du milieu de l’éducation s’entendent sur une définition des compétences à noter.

En juin, la ministre proposait d’imposer un bulletin unique dès septembre prochain à toutes les écoles québécoises, tant privées que publiques. Celui-ci mettrait en évidence l’évaluation des connaissances sans laisser tomber les compétences. Publié quatre fois par année, il aurait l’avantage, selon Mme Courchesne, d’être plus compréhensible pour les parents. Le projet a été soumis à une consultation pendant tout l’été.

Retour de l’évaluation des connaissances
Le retour à l’évaluation explicite des connaissances dans le régime pédagogique est entre autres attribuable à la CSDM et à l’Alliance des professeurs de Montréal. En janvier, ceux-ci ont chaudement recommandé à la ministre de réhabiliter l’évaluation des con­naissances, qu’ils ont jugées «fondamentales et prioritai­res». Ils ont aussi suggéré de restreindre le nombre de com­pétences disciplinaires à évaluer et d’abolir l’évaluation des compétences transversales. «Si on veut atteindre des cibles de réussite, il faut que l’évaluation soit revue», a indiqué Diane De Courcy.

La ministre a demandé en 2008 que chaque commission scolaire se dote de cibles de réussite. De son côté, la CSDM s’est donné comme objectif de réduire de 20 % le nombre de décrocheurs d’ici 2015. Le taux de décrochage de la plus grande commission scolaire du Québec oscille autour du 40 %. Dans son plan Réussir, les suggestions abondent pour rehausser la réussite scolaire, comme l’instauration d’un programme d’éveil à l’écrit au préscolaire, l’intensification de la concertation entre les partenaires, la mise sur pied de mécanis­mes pour soutenir davantage le personnel enseignant, etc.

«Ce que nous devons faire, ce sont des changements en profondeur dans une organisation qui doit être dédiée aux élèves et qui ne doit pas s’empêtrer dans des dédales bureaucratiques», a insisté la présidente de la commission scolaire. Cette dernière ose regarder un peu plus loin, en réclamant que davantage d’accompagnement soit offert aux jeunes qui accèdent à un niveau supérieur d’enseignement, que ce soit le cégep ou l’université.

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