Formation et emplois

Sur les bancs de l'école virtuelle

Entre les années scolaires 1995-1996 et 2006-2007, le nombre d’étudiants qui ont suivi une formation à distance (en ligne ou sous une autre forme) a progressé de 225 % au secondaire et de 69 % au Cégep@distance, selon un rapport du Comité de liaison interordres en formation à distance (CLIFAD). Ensemble, l’Université Laval, l’Université de Montréal et la Téluq ont enregistré une hausse de l’achalandage de 88 %, selon le même rapport.

La formation à distance ne se donne pas uniquement en ligne, préciseRobert Saucier, conseiller en communication et en recherche à la Société de formation à distance des commissions scolaires du Québec (SOFAD), un organisme qui produit du matériel académique pour les écoles secondaires. La télévision, la correspondance et les cé­­déroms sont d’autres mo­yens fréquemment utilisés.

«Plusieurs étudiants décrochent au secondaire, ex­pli­que le conseiller. Or, les décrocheurs réalisent souvent au bout de quelques années qu’ils ont besoin d’un diplôme secondaire. La formation à distance permet à ceux qui préfèrent être plus autonomes dans leur apprentissage de « raccrocher » pour completer leurs études.»

L’arrivée de l’internet simplifie grandement les choses, note toutefois Gaston Leclerc, président de l’Association québécoise d’information scolaire et professionnelle (AQISEP). «Avant, il fallait prendre un rendez-vous téléphonique avec son professeur, se souvient-il. Ce n’était pas toujours facile de coordonner les horaires. Grâce au courriel, les échanges sont beaucoup plus rapides.»

La conciliation travail-famille-études est aussi moins ardue grâce aux nouvelles technologies. «Étudier de la maison est beaucoup plus facile pour les personnes occupées qui travaillent à temps plein», note M. Leclerc.

La formation à distance per­met également de réduire le temps perdu en déplacements. Un atout considérable pour ceux qui habitent la région métropolitaine. Les entreprises de calibre international, quant à elles, peuvent économiser des sommes importantes. «IBM a réduit de 60 % le coût de certains programmes de formation parce qu’elle ne devait plus réunir ses employés dans une ville étrangère», explique Robert Paré, président d’Alliance eLearning.

Pas pour tous
Mais la présence physique dans une salle est parfois essentielle pour réaliser certains apprentissages. «On ne pourrait pas apprendre le massage cardiaque en ligne, par exemple, dit M. Paré. Il faut participer à faire des simulations en classe.» Certaines personnes ont aussi besoin de la motivation que procure un rendez-vous en classe. «Il est facile de négliger de faire ses travaux lors­qu’on suit une formation à dis­tance, admet M. Leclerc. Avant de choisir ce type de formation, l’étudiant doit se demander honnêtement s’il est assez autonome pour cela.»

Bien choisir sa formation
orientation. N’importe qui peut se lever un bon matin et créer une formation. Il ne faut donc pas confier son intellect au premier venu. «Assurez-vous que l’établissement est reconnu par le ministère de l’Éduca­tion, conseille Gaston Leclerc, président de l’Association québécoise d’information scolaire et profession­nelle (AQISEP). Sinon, vous risquez de payer un cours qui ne sera pas reconnu par un employeur. De plus, choisir un établissement reconnu réduit les risques de fraude lorsqu’on paie par carte de crédit.»

Le ministère ne délivre pas de permis pour la formation en entreprise, note Robert Paré, président d’Alliance eLearning. Selon lui, le fait d’être membre de l’Alliance eLearning constitue un «gage de qualité». «Assurez-vous que le formateur est à l’écoute de vos besoins, suggère M. Paré. S’il ne prend pas le temps de comprendre vos objectifs, vous risquez de rater votre cible.»

Le monde virtuel facilite également le fait de suivre des cours à l’extérieur du Québec. Encore une fois, la prudence est de mise. Une formation reconnue en France ou en Ontario ne l’est pas nécessairement dans la Belle Province. «Renseignez-vous auprès du ministère de l’Éducation ou de votre ordre professionnel», reco­m­mande M. Leclerc.

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