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Attention, l'humour peut être nocif

Con­naissez-vous un humoriste acerbe? Vous savez, ces personnes qui, sous le couvert de l’humour, s’amusent à détruire les autres? Le tableau est classique : l’équipe est présente. L’humoriste acerbe lance une blague qui égratigne un des coéquipiers. Mis à part la victime, les membres du groupe se mettent à rire. Soit la personne attaquée se referme un peu plus, soit elle émet proteste. Si elle proteste, son attaquant met fin à l’épisode en lançant un «Quoi, tu ne sais pas prendre une blague?»

Et ainsi, événement après événement, la victime se sépare émotionnellement du groupe, à mesure que son estime personnelle chute. Elle s’investit moins dans les projets. Elle se sent de moins en moins concernée. Quelle perte pour l’équipe! Le pire, c’est que, pendant ce temps, les collègues spectateurs rient ou se taisent au lieu de réagir.

Vous vous demandez probablement ce que l’humoriste acerbe gagne à ce jeu. Eh bien, il y gagne le plaisir de faire rire. Même si c’est aux dépens d’un collègue, ce plaisir l’énergise et, pour être efficace, il s’attaquera tour à tour aux origines d’une personne, à son sexe, à ses manières, à son apparence physique, etc. Que faire pour mettre un terme aux agissements de cet agresseur? Retenez tout d’abord que ce n’est pas au collègue attaqué de réagir. Plus il réagit, plus ça encourage l’autre à continuer ou à sortir son «Quoi, tu ne sais pas prendre une blague?»

La clé dans ce type de situation, c’est la solidarité. Une solidarité nécessaire parce que les moqueries répétées font chuter l’apport de la victime et que, si celle-ci fait partie de l’équipe, c’est qu’on a collectivement besoin de son apport. La solidarité doit s’inscrire en deux points. Premièrement, on ne rit pas. Si l’équipe se donne le mot pour ne pas rire quand l’humour se fait aux dépens d’un collègue, l’humoriste cessera de recevoir ce qu’il recherche en exerçant ce type d’attaque. Et s’il ne reçoit plus de récompense, il finira par metter fin à son comportement malsain.

Deuxièmement, on défend. Si les collègues apprennent à dire à l’agresseur que sa tentative d’humour n’est pas drôle, le comportement cessera encore plus rapidement. Ça n’a pas à être dit d’une manière hostile, mais ça doit ensuite être répété à chaque tentative. Ne vous privez pas de l’apport de vos collègues en les laissant être la cible de remarques hostiles masquées par un humour douteux. Et si vous vous êtes reconnu en tant qu’agresseur dans cette chronique, n’oubliez pas que l’autodérision est très efficace quand vous souhaitez amuser les troupes.

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