Formation et emplois

Infirmière de la relève

Bénédicte Lebel-Matte - Métro

Même si elle a commencé sa carrière il y a à peine trois ans, Marie-Pierre Guérin est déjà un modèle pour plusieurs de ses collègues infirmières. L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec lui a même décerné le prix Florence de la relève infirmière en 2009.

Depuis 2007, Marie-Pierre Guérin est em­ployée par le centre de réadaptation Ubald-Villeneuve à Québec. C’est maintenant à l’urgence du CHUL qu’elle exerce son métier.  Elle y travaille comme infirmière clinicienne de liaison auprès des personnes qui présentent à la fois des troubles de dépendance et des problèmes de santé mentale.

Les urgentologues, médecins et psychiatres la demandent en consultation dès qu’un patient manifeste le désir de s’en sortir. Elle rencontre alors ce dernier pour évaluer s’il peut bénéficier d’un programme de réadaptation. En plus de désengorger l’urgence, ses interventions offrent aussi une solution concrète aux patients.  «Avant, on ne leur donnait qu’un dépliant, se souvient Marie-Pierre Guérin. Maintenant, on peut fournir rapidement une thérapie aux gens qui sont dans le besoin.»

La révélation après le doute

Après ses études collégiales en soins infirmiers, Marie-Pierre Guérin n’était pas convaincue de vouloir être infirmière. C’est lors d’un stage en santé mentale au centre hospitalier Robert-Giffard que tout est devenu clair pour elle. Elle s’est alors inscrite au baccalauréat en sciences infirmières tout en décrochant plusieurs stages et emplois, notamment dans les CLSC et à la maison l’Auberivière.

Selon elle, la pratique sur le terrain est très formatrice, car elle permet de vivre la réalité d’un métier. «On apprend sur le tas, car il n’y a aucun cours qui te montre vraiment comment une personne réagit en crise ou en sevrage», fait-elle valoir. Ce que la jeune femme aime par-dessus tout de son travail, ce sont les liens étroits qu’elle peut nouer avec ses patients. Elle considère qu’il faut être capable d’avoir une grande ouverture d’esprit, et de laisser de côté ses préjugés. «C’est une clientèle qui vit beaucoup de rejet et est victime de préjugés, affirme Mme Gué­rin. Je dois les approcher et les accueillir différemment.»

La jeune femme reconnaît toutefois que son métier est parfois dur sur le plan psychologique. «Il faut être capable de décrocher et se trouver des moyens pour se ressourcer afin d’avoir toute sa tête et une bonne concentration une fois de retour au travail.» Marie-Pierre Guérin  espè­re enseigner un jour au cégep en santé mentale. Elle aimerait donner le goût aux jeunes de s’investir dans un domaine où, selon elle, il y a encore trop de tabous.

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