Formation et emplois

La confiance, meilleur outil des travailleuses

Nicole Beaudoin, ancienne propriétaire du Réseau des femmes d’affaires du Québec, a vendu son réseau au printemps dernier. Métro s’est entretenu avec une femme qui a voulu donner un coup de pouce aux travailleuses.

Les travailleuses ont fait leur bout de chemin, constate Nicole Beaudoin, qui, à 70 ans, cumule plus de 40 ans d’expérience professionnelle. «Les fem­mes ont plus confiance en leurs capacités qu’auparavant et elles savent que les professions traditionnellement masculines leur sont maintenant ouvertes, affirme-t-elle. Non seulement une femme peut-elle devenir mécanicienne, mais elle peut aussi acheter le garage!»

Mais cette confiance, les femmes ont dû l’acquérir à la sueur de leur front, alors qu’elles devaient prouver à ces messieurs qu’elles étaient capables de faire le même métier qu’eux, estime Mme Beaudoin. «Au début de ma carrière, les hommes me regardaient de travers, se souvient-elle. Je leur ai montré que j’étais compétente afin qu’ils m’acceptent. Rapidement, mes collègues m’ont dit que j’étais devenue « one of the boys ».»

À la fin des années 1960, Nicole Beaudoin commence à travailler en tant que secrétaire après avoir fondé sa famille. En même temps qu’elle poursuit sa carrière, elle fait un baccalauréat en administration et un MBA aux HEC. Ces études lui permettent d’occuper des postes de direction, notamment chez Samson Bélair, Via Rail et Papier Scott Limitée. «À l’époque, c’était mal vu de retourner sur le marché du travail après avoir eu des enfants, raconte-t-elle. Heureusement, j’avais l’appui de ma mère et de mon mari.»

En 1993, elle décide d’acheter le Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ) pour partager son expérience avec d’autres femmes attirées par le monde des affaires. Selon Mme Beaudoin, le RFAQ a aidé les femmes à prendre conscience de l’importance de se bâtir un réseau solide.

Maintenant qu’elle passe le flambeau à Ruth Vachon, une entrepreneure originaire de Saguenay, Nicole Beaudoin sent qu’elle peut dire «mission accomplie». Selon elle, les femmes ne sont pas les seules à avoir profité du Réseau. «Auparavant, mes collègues associés ne connaissaient pas leurs enfants, et plusieurs ont divorcé, raconte Mme Beaudoin. Maintenant que les ménages ont deux revenus, les hommes n’ont plus besoin de travailler aussi fort.»

Nicole Beaudoin continue en affirmant que les femmes ont ajouté une nouvelle façon de voir les choses dans le monde des affaires. «Le cerveau des hommes et des femmes fonctionne différemment, croit Mme Beaudoin. Les entreprises gagnent à avoir des personnes des deux sexes dans leur équipe de gestionnaires. De plus en plus de femmes réussissent à briser le plafond de verre. Elles doivent continuer à ne pas avoir peur de se réaliser.»

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