Formation et emplois

De l'île Maurice à l'île de Montréal

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Sandy Joy Yeung Chak Cheung

Toute jeune, Sandy Joy Yeung rêvait déjà au Canada. Ses grands-parents sont partis de Chine pour s’installer à l’île Maurice où ses parents et elle sont nés et ont grandi. Mais Sandy Joy voyait grand… «À l’île Maurice, c’est plus chaud et il y a de belles plages, mais c’est une petite île et les possibilités d’emploi sont moins grandes. Moi, j’avais de l’ambition. Là-bas, je stagnais.»

Après le divorce de ses parents, sa mère est venue rejoindre de la famille et la communauté sino-mauricienne qui vit à Montréal et à Brossard. Sandy Joy a donc entamé des démarches pour l’y rejoindre. Ce fut long, précise-t-elle, mais elle put enfin immigrer en mars 2010. «Je n’avais pas de travail qui m’attendait, mais une amie de ma mère m’a recommandée à la Banque Royale et j’ai réussi le processus d’embauche. J’ai commencé ici en avril comme représentante au service à la clientèle.»

Elle se trouve bénie et ne pouvait demander mieux, selon elle. «Tout d’abord, ici, ce sont les Nations unies! Il y a beaucoup de cultures différentes.» Avec de bons et, parfois, de mauvais côtés. «Il m’est déjà arrivé de sentir de la méfiance de certains clients d’une autre nationalité qui me croyaient raciste parce que je suis Asiatique! Quand ça arrive, il ne faut pas le prendre personnel, mais ce sont des situations délicates.»

Elle ne trouve pas tellement difficile de s’intégrer, mais a vécu des hauts et des bas. «Parfois, on se dit : « Ah, je vais retourner un jour à l’île Maurice. Ma mère m’a dit que c’est toujours comme ça le premier six mois.» La cuisine typique de l’île Maurice lui manque beaucoup, ainsi que les amis de longue date et la famille. Une de ses deux sÅ“urs viendra aussi les rejoindre bientôt et, en attendant, le courriel et Facebook sont des outils précieux pour garder le contact avec les proches.

«Bientôt aussi, il y aura l’hiver! Il faut s’y faire! Marcher avec des bottes dans la rue, je n’avais jamais fait ça avant d’arriver ici! Et il y a la glace… Je suis sûre que je vais tomber!» raconte-t-elle en riant, mais avec un peu d’appréhension. Elle préfère quand même vivre au Canada pour les plus grandes possibilités de carrière et le niveau de vie plus élevé. Son fiancé (un Sino-Mauricien, lui aussi) souhaitait partir pour Toronto, mais Sandy se sent plus d’affinités avec le Québec.

À l’île Maurice, elle parlait le créole local à la maison (elle ne parle pas le mandarin, mais comprend quelques mots du dialecte chinois de ses grands-parents). La langue d’usage, toutefois, était le français, alors c’était un obstacle de moins en arrivant à Montréal. «J’ai même déjà intégré des expressions typiquement québécoises. L’autre jour, j’ai dit à mon fiancé : « Tu peux-tu? » Ça l’a un peu fait sursauter! Je me fonds parmi les gens d’ici, c’est normal. Je veux avoir mes enfants ici et ils vont parler comme les gens d’ici eux aussi», conclut-elle avec optimisme.

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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