Formation et emplois

Aux livres, citoyens!

Construire une société de citoyens-lecteurs, voilà l’objectif des Sommets sur la lecture. La deuxième rencontre d’une série de trois s’est tenue à la Grande Bibliothèque de Montréal la semaine dernière.

L’organisation des Sommets sur la lecture TD répond à deux constats simples, faits en 2008 par un groupe de citoyens soucieux de la place des livres dans la société : primo, il n’existe pas, au Canada, de stratégie nationale pour la lecture; secundo, c’est cette activité qui forme des citoyens éclairés et armés pour jouer un rôle actif dans une société démocratique.

L’objectif est ambitieux. Pour l’atteindre, les organisateurs se sont donné quatre ans, trois sommets, et ont fait appel aux lumières d’experts canadiens et é­trangers afin de présenter ce qu’il se fait de mieux en matière de politique d’incitation à la lecture. Danielle Chagnon, directrice au service de la référence et du prêt de la Grande Bibliothèque, hôte de ce deu­xième sommet, a été emballée par ce qu’elle a entendu lors du premier sommet de Toronto, en 2009.

Elle s’est entre autres impliquée dans le groupe de travail sur les activités francophones de promotion de la lecture. «Le but des sommets, explique-t-elle, est de faire l’inventaire des programmes mis en place, d’analyser ce qui est fait et les manques qui existent, et de cibler les publics qu’on ne parvient par à toucher.»

En tout, huit groupes de travail examinent les cas de publics particuliers, comme les jeunes enfants, les nouveaux arrivants ou les Premières Nations. «Ces groupes sont formés de bénévoles, rapporte Danielle Chagnon, qui travaillent à distance entre chaque sommet pour faire avancer la réflexion sur les meilleurs moyens de toucher ces publics.»

À l’image de Marie-Louise Gay, auteure jeunesse et porte-parole du deuxième sommet, les participants promeuvent le plaisir de lire face à une vision utilitariste de la lecture, considérée comme un outil d’intégration économique. «La lecture est un lien vers la société et vers le monde, qui donne des outils pour participer à la démocratie, affirme l’auteure avec force. Il faut créer des traditions littéraires dans les familles canadiennes.»

Et pour cela, la compilation et l’analyse des dispositifs existants est un premier pas nécessaire. «Les groupes vont continuer à travailler jusqu’au troisième sommet, celui de Vancouver, en 2012, pour définir des propositions concrètes à l’usage des gouvernements provinciaux et des muni­cipalités», ajoute Marie-Louise Gay.

Le rendez-vous de 2012 pré­sentera donc la conclusion de cette formidable réflexion collective, que toute société démocratique se devrait de mener pour former des citoyens actifs  et critiques. En attendant, on peut d’ores et déjà consulter les nombreuses informations mises en li­gne par les organisateurs des Sommets.

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