Formation et emplois

Ça gazouille autour de la machine à café

Pour un professionnel, mieux vaut être attentif à ce que l’on écrit sur les médias sociaux du type Facebook ou Twitter. On n’y jase pas comme autour de la machine à café entre collègues. Les propos sont publics et ils laissent des traces. Malgré l’apparente dé­contraction des échanges, donc, les professionnels s’ex­posent à certains ris­ques, prévient Marie-Claude Sarrazin, avocate spécialisée en droit disciplinaire et en déontologique. «La première question à se poser lorsqu’on écrit sur un média social en tant que professionnel, c’est : « Pourrais-je le réécrire dans une revue professionnelle? », estime l’avocate.

Les dangers sont de plusieurs ordres. Primo, les professionnels ont l’obligation déontologique de respect de la vie privée de leurs clients; secundo, répondre à la question d’un client ou d’un client potentiel sur Facebook n’est peut-être pas le lieu idéal et la réponse pourrait être incomplète. «Les professionnels ont le droit de pratiquer dans une région donnée, ajoute
Me Sarrazin, alors que le cyberespace est international. Si on agit sur Facebook, par exemple, il faudrait indiquer dans quelle juridiction on peut officier. Cela évite les risques d’attaque de la part d’autres juridictions.»

Pour le moment, seul le code de déontologie d’une profession encadre ses pratiques sur l’internet. «On verra naître une jurisprudence si des poursuites sont intentées; pour l’instant il n’y en a pas», rapporte Marie-Claude Sarrazin. Selon cette spécialiste, il y a tout lieu de croire qu’à l’intérieur de chaque secteur professionnel, les comités de discipline pourraient juger un contrevenant. Aucun cas n’a pour l’instant été présenté.

En attendant que les premières jurisprudences donnent un cadre aux pratiques 2.0, des conférences se multiplient sur le sujet pour informer les professionnels des risques encourus.

Consommation 2.0
Au cours du deuxième trimestre de 2010, les adultes québécois ont acheté sur l’internet pour 962 M$ de produits et de services. C’est ce que révélait une enquête du Cefrio (Centre francophone d’informatisation des organisations) en août dernier. Une autre enquête, publiée le 5 octobre, montrait que 62 % des internautes lisent des avis ou des recommandations sur un produit ou un service sur les médias sociaux avant de l’acheter, et que 74 % d’entre eux se disent influencés par ce qu’ils y lisent. Toujours selon le Cefrio, enfin, les PME québécoises exploitent peu le potentiel des médias sociaux : seuls 9 % d’entre elles proposent un blogue sur leur site internet.

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