Formation et emplois

Un second nouveau départ

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le projet Alliés Montréal de la Conférence régionale des élus de Montréal (CRÉ), des portraits de personnes immigrantes qui ont réussi à s’intégrer dans leur milieu de travail. Entretien avec Mohamed Gharsallah.

Malgré un premier séjour en plein janvier au Québec pour connaître sa future terre d’accueil, Mohamed Gharsallah a quand même dit oui à l’immigration. «Je me souviens que cet hiver-là, j’avais toujours faim! Mon corps me demandait davantage d’é­nergie pour s’adapter au froid.» Aujourd’hui, après deux hivers passés ici, il s’en accommode sans problème. D’autant plus que le soleil très présent compense la neige et le froid, mentionne-t-il.

Ce Tunisien d’origine, qui a vécu plusieurs années en France avant de venir habiter à Montréal, commence à s’y connaître en matière d’immigration! Sa deuxième expérience fut beaucoup plus difficile que la première, affirme-t-il. Immigré à Paris au début de la vingtaine, après avoir obtenu un diplôme en ingénierie, il vivait avec l’espoir de la jeunesse : un sentiment de n’avoir pas beaucoup à perdre et que l’avenir lui appartenait.

Quand il a traversé l’Atlantique vers le Canada avec sa femme à l’été 2009, il avait dépassé la trentaine et laissait derrière lui un travail et tout ce qu’il avait accompli. Il a vécu un moment de vertige. «Cette fois, dans l’avion, J’étais angoissé à l’idée de ne plus avoir de chez moi. Je me sentais un peu perdu.»

Ce second nouveau dé­part, Mohamed l’a tenté pour dépasser ses limites. Paris lui semblait un peu sclérosé en ce qui concerne le travail. Ici, il sent que davantage de portes s’ouvrent à lui et soutient que ses origines maghrébines ne sont pas un obstacle, alors que ça le devenait en France. «Le rapport est très différent ici entre les gens. Tant sur le plan de la vie personnelle que professionnelle, les gens sont ouverts et intéressés à tes idées, peu importe le statut que tu as.» Peu de hiérarchie et plus d’échange, selon Mohamed.

Dans les publicités incitant les immigrants à s’installer au Canada, Mohamed a été frappé par l’accent mis sur l’échange mutuel. «Ce n’était pas seulement ce que le Canada peut ap­porter à l’immigrant, mais ce que l’immigrant peut apporter au Canada.» D’ailleurs, aux yeux de Mohamed, une bonne intégration passe avant tout par le travail. «On a besoin de sentir qu’on est utile à la société. Quand on trouve un travail, c’est le début de tout.»

Il a mis trois mois après son arrivée pour se trouver un emploi comme architecte chez CGI (où il travaille toujours) et, bien que la première année ait été difficile, il se sent maintenant satisfait et commence à connaître de mieux en mieux la société québécoise. Il se tient au courant de la politique et des différents enjeux sociaux. Il ne veut plus bouger d’ici et songe, à moyen terme, à créer sa propre entreprise. «Je souhaitais témoigner aujourd’hui pour aider d’autres immigrants qui rencontrent les mêmes obstacles que moi. Ma philosophie : regarder non pas les difficultés et tout ce qu’il me reste à accomplir, mais tous mes acquis depuis mon arrivée.»

L’émission de Radio Canada
International Tam-Tam Canada a produit une version radio de ce reportage
que vous pouvez trouver sur le site web de l’émission au www.rcinet.ca/francais.
Aussi diffusé en direct aujourd’hui à 14 h 05, sur la radio web de RCI,
sur la radio satellitaire Sirius sur la bande 95 et le lendemain à 4h
au 95,1 FM.

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