Formation et emplois

Épargner en choisissant la bonne formation, la suite!

Dans une chronique précédente (Épargner en choisissant la bonne formation, 20 octobre), j’ai fait valoir que les changements de programme deviendraient trop coûteux si les frais de scolarité universitaires augmentaient, comme cela semble tout à fait certain aujourd’hui.

En effet, si la proposition de la CRÉPUQ se concrétise, les frais augmenteront progressivement pour atteindre 3 680 $ par année en 2014. Imaginez-vous déboursant ce montant de votre poche, plus les intérêts si vous l’avez emprunté, pour une année de formation qui ne vous servira à rien puisque vous aurez abandonné le programme!

Pourtant, le butinage de programmes est souvent la stratégie préférée de ceux qui ne savent pas trop quoi faire. En l’employant, ils gaspillent leur argent et celui du contribuable, qui continuera toujours à subventionner les universités. Chaque hausse des frais de scolarité rendra cette position un peu plus intenable!

Encore faut-il que les jeunes aient à leur disposition des moyens pour bien choisir leur programme de formation et ainsi éviter d’en changer. D’après une étude du Groupe d’étude des conditions de vie et des besoins de la population (ÉCOBES) du Cégep de Jonquière, 60 % des étudiants sont mal à l’aise avec leur choix d’orientation. Lorsqu’on leur demande les raisons de cet embarras, ils mentionnent d’abord le manque de connaissance d’eux-mêmes et des emplois qui correspondraient à leur personnalité.

De là à dire que les individus et la société pourraient épargner de l’argent par une meilleure orientation des jeunes, il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement. C’est justement le travail des conseillers d’orientation d’aider les jeunes à mieux se connaître et à choisir une occupation qui leur convient. D’ailleurs, j’ai suggéré il y a quelques années que, pour être éligibles à l’aide financière aux études, les étudiants devraient d’abord démontrer qu’ils ont fait un choix de formation éclairé, avec l’aide d’un conseiller d’orientation chaque fois que nécessaire. Une telle pratique favoriserait la persévérance dans le programme choisi, limitant les changements de programme et l’endettement inutile.

Malheureusement, tout observateur consciencieux peut aisément se rendre compte que les jeunes n’ont que peu accès aux services d’orientation durant leurs études. C’est que les conseillers d’orientation ont subi le même sort que tous les autres professionnels en milieu scolaire, c’est-à-dire qu’on a limité leur nombre et multiplié leurs responsabilités au-delà de ce qui est raisonnable. L’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation produit en ce moment un Guide de pratique de l’orientation au secondaire, dans le but de mettre de l’avant le besoin d’un travail concret auprès des jeunes.

On se trouve là devant une contradiction assez phénoménale. On augmente une exigence sans accroître les moyens nécessaires pour y faire face! Pas nouveau, me direz-vous…

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