Artistes aux études
Ils partagent leur temps entre les salles de classe et la scène, les plateaux de tournage ou la table à dessin. Métro présente trois jeunes qui doivent concilier cours et projets artistiques.
Marika Bournaki: le plaisir des notes
Pour la pianiste Marika Bournaki, concilier passion et études n’est pas bien difficile. Pourquoi? Parce que tous les jours, elle étudie afin de parfaire son art.
La jeune femme ne chôme pas! Installée depuis six ans à New York, la Montréalaise passe toutes ses journées dans les salles de classe de la prestigieuse école de musique Juilliard, où elle poursuit son baccalauréat en piano, pour ensuite y passer ses soirées à s’exercer de cinq à six heures par jour.
Disciplinée, Marika Bournaki? Oui, très, mais la principale intéressée aime cet horaire strict. En outre, ses week-ends sont dédiés à donner des cours de piano et à pratiquer. «J’aime être disciplinée, car j’ai l’impression que chaque minute compte», affirme la musicienne.
Aujourd’hui âgée de 20 ans, Marika caresse les notes depuis qu’elle a cinq ans. Être une enfant prodige n’a pas toujours été facile, mais maintenant qu’elle évolue dans un établissement où ses compagnons de classes sont aussi des musiciens émérites, elle se sent complètement dans son élément.
«Quand j’étais ado, je fréquentais une école régulière, et c’était difficile de voir mes amis sortir, alors que moi je devais pratiquer mon piano, confie-t-elle. Je devais être une adulte avant l’âge. J’ai fait le choix de me consacrer entièrement à la musique, ce qui ne m’empêche pas de me permettre une soirée « off » de temps à autre.»
À l’automne, après un été ponctué de classes de maître, celle qui a été soliste pour l’OSM à l’âge de 9 ans, entamera sa dernière année de bac. Elle compte intégrer à son horaire un cours d’allemand et un d’histoire, deux matières qui l’intéressent. Elle devrait ensuite se diriger vers la maîtrise, ou peut-être aller en Europe. «Je n’ai que 20 ans, alors je ne sais pas encore ce que l’avenir me réserve!» dit-elle.
- Robert Naylor: étudier entre deux prises
Depuis qu’il a neuf ans, Robert Naylor partage son temps entre les bancs d’école et les plateaux de tournage. Mais entre deux prises, alors que les autres comédiens peuvent se la couler douce, le jeune acteur, qu’on a pu voir récemment dans la série télé 19-2, doit étudier.
«Dès que je manque deux journées d’école, il y a un tuteur qui vient sur le plateau, et je dois travailler avec lui au moins deux heures par jour. C’est la règle des productions», explique l’adolescent aujourd’hui âgé de 15 ans.
Pas toujours évident toutefois de se mettre à un exercice de mathématiques quand, quelques minutes plus tôt, on a fait une crise pour la caméra!
«Quand j’ai tourné 10 ½, c’était particulièrement intense. Pendant les pauses, je voulais relaxer, mais je devais étudier!» confie celui qui entamera sa quatrième année du secondaire à l’automne.
Depuis qu’il a été révélé dans le film de Podz – film pour lequel il a reçu un Young Artist Award – celui qui était déjà un habitué des publicités et du doublage a dû rajuster sa façon de concilier sa jeune carrière florissante et ses études. Pour pallier ses nombreuses absences en classe, un tuteur vient chaque semaine l’aider à rattraper le temps perdu.
«Cela demande une grande organisation, souligne Maryse St-Georges, la mère de Robert, qui s’assure de faire le suivi auprès des professeurs de son fils. Ça prend un enfant mature et responsable, car même s’il travaille, ses études restent ce qu’il y a de plus important.»
Pour l’instant, le jeune acteur planifie de s’inscrire au cégep quand le temps sera venu, mais s’il vient à manquer trop de cours, il pourrait décider de mettre sa passion pour le jeu de l’avant. «Tout est possible!» dit-il.
Sylvie-Anne Ménard: en avant la passion
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Sylvie-Anne Ménard a toujours créé des bandes dessinées. C’est toutefois en 2006, alors qu’elle faisait un bac en musique, qu’elle a constaté pour la première fois la difficulté de concilier sa passion pour le dessin et ses études. La jeune femme avait remporté à l’époque le Premier concours québécois de bande dessinée, créé par les Éditions Monet. Le prix : la publication d’un album.
«Faire cet album n’a pas été facile parce que j’étais en fin de bac, se souvient celle dont le nom de plume est Zviane. Je me souviens que pendant la semaine de lecture, en mars, j’avais quelques travaux à faire, et je les ai faits à la va-vite afin de plancher sur Le point B.»
Les multiples participations de l’auteure à des collectifs, à des magazines et à des webzines, ainsi que la publication d’autres albums pendant ses études ne l’ont pas empêchée de commencer une maîtrise en composition instrumentale. Sylvie-Anne poursuivait alors ses études à temps plein et faisait de la BD à temps partiel.
Aujourd’hui, l’artiste montréalaise a décidé de se consacrer à sa passion pour la bédé et de mettre ses études de deuxième cycle en veilleuse.
«Maintenant, je fais de la BD à temps plein. Parfois, je pense à reprendre ma maîtrise où je l’ai laissée. Mon cœur balance toujours d’un côté ou de l’autre. Cela dit, j’ai toute ma vie pour finir mes études!»