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Se former à l'économie sociale

Sergio Ceballos a immigré au Canada en septembre 2009. Après huit mois de travail dans l’industrie du porc en Ontario, ce Colombien de 35 ans a choisi de s’installer à Montréal, «pour apprendre le français, dit-il, et parce qu’en Ontario mon travail était difficile».

Arrivé dans la métropole, il décide de lancer sa propre entreprise : il produira des champignons. «En Colombie, j’ai travaillé dans une coopérative de production de champignons pendant quatre ans», raconte-t-il. L’homme de 35 ans a donc l’expérience professionnelle nécessaire, mais il n’a jamais monté ni dirigé sa propre entreprise.

Il décide d’aller chercher de l’aide, et suit la première session de formation dispensée par le tout jeune Centre d’entrepreneuriat en économie sociale du Québec (CEESQ). «C’est la seule formation au Canada dédiée au lancement d’entreprise en économie sociale, assure Maricarmen Merino, cofondatrice du CEESQ.

Contrairement aux formations classiques de lancement d’entreprise, qui durent 11 semaines pour la plupart, notre formation s’étale sur 22 semaines.» Elle est par ailleurs reconnue par le ministère de l’Éducation, à titre de l’attestation de spécialisation professionnelle (ASP).

En plus de dispenser les enseignements de base (comment réaliser un plan d’affai­res, s’informer sur la concur­rence, trouver du financement…), l’équipe du CEESQ explique à M. Ceballos comment transposer les valeurs de l’économie sociale dans un modèle d’affaires rentable.

«Dans une entreprise d’économie sociale, la mission économique vient renforcer le volet social de l’entreprise, explique Mme Merino. Au-delà du produit ou du service offert, il faut penser à l’impact sur la société et se deman­der comment en tenir compte. Concrè­­tement, des valeurs comme la solidarité se tradui­sent par une certaine démocratie dans la prise de décision au sein de l’entreprise.»

Comme modèle d’entreprise, Segio Ceballos a ainsi opté pour la coopérative. «Je m’occupe de la première partie de la production : dans un sac, j’emballe un substrat (comme de la sciure ou de la paille de blé) et j’y ajoute les semen­ces de champignon, indique-t-il. Après 30 à 40 jours à la bonne température et avec une certaine dose d’humidité, je livre les sacs à mes associés, qui peuvent alors produire les premiers champignons au bout de 10 ou 15 jours.»

M. Ceballos espère commencer à produire ses champignons (bios, évidemment!) au début de l’année prochaine.

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