Des emplois dans l’alimentation
Il va y avoir de nouveaux emplois dans l’industrie bioalimentaire. C’est certainement ce que permet d’espérer la nouvelle politique de souveraineté alimentaire du gouvernement Marois, qui a été rendue publique la semaine dernière.
Le gouvernement désire que la proportion d’aliments québécois dans nos assiettes passe de 33 % à 50 %, ce qui ne sera pas une mince affaire. Pour y parvenir, il mettra en place des mesures pour protéger les terres agricoles et encourager les détaillants à bien identifier les aliments produits au Québec. Une politique institutionnelle sera aussi mise en place afin que les hôpitaux, les écoles et les autres établissements publics achètent davantage d’aliments produits au Québec.
Tout cela est une bonne nouvelle pour les intervenants du secteur, qui espéraient depuis au moins sept ans que le Québec se dote d’une politique agricole. L’industrie bioalimentaire du Québec compte environ 27 000 exploitations agricoles, 1 000 entreprises de pêche ou d’aquaculture, quelque 2 100 entreprises de transformation ainsi que 15 000 commerces alimentaires et 20 000 restaurants. Elle représente déjà environ 7 % du PIB du Québec et emploie environ 475 000 personnes ou 12 % de la main-d’œuvre. Si ces chiffres sont impressionnants, plusieurs croient que son potentiel de croissance est encore plus important et que des milliers d’emplois supplémentaires pourraient y être créés, surtout dans le sous-secteur de la transformation alimentaire.
Selon Emploi Québec, plusieurs occupations sont déjà en forte demande dans la transformation alimentaire, notamment les bouchers industriels, les électromécaniciens, les opérateurs de machinerie de production, les mécaniciens industriels et les techniciens en chimie. Par ailleurs, d’autres emplois verront probablement leurs perspectives s’améliorer lorsque la politique sera mise en œuvre, par exemple les technologues de la transformation alimentaire. Les perspectives d’emploi sont également favorables pour les exploitants agricoles, bien que le passage d’une ferme d’une génération à l’autre soit souvent très difficile.
Au Québec, Laval est la seule université à offrir en français des formations dans les domaines de l’agriculture et de la transformation alimentaire, entre autres en agronomie, en génie alimentaire et en génie agroenvironnemental. Pour la formation technique et professionnelle, l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), à ses deux campus de Saint-Hyacinthe et de La Pocatière, offre tous les programmes qui y sont associés. Il faut ajouter que plusieurs d’entre eux sont aussi offerts dans d’autres établissements de formation dans la province. Le site du Comité sectoriel de main-d’œuvre en transformation alimentaire (www.csmota.qc.ca) présente la liste de toutes les formations.
Jusqu’à maintenant, les jeunes n’ont pas montré beaucoup d’intérêt pour les emplois dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et cela pourrait mettre en danger l’application de la politique. Les emplois disponibles pourraient répondre aux intérêts de plusieurs d’entre eux pourtant. L’alimentation est devenue un domaine prometteur!

(Au Québec, Laval est la seule université à offrir en français des formations dans les domaines de l’agriculture et de la transformation alimentaire, entre autres en agronomie, en génie alimentaire et en génie agroenvironnemental./Métro)