Formation et emplois

Tisser des liens entre les générations

Photo: Christine Chevarie/collaboration spéciale

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, des portraits de jeunes aux parcours inspirants.

Récemment diplômée en arts visuels à l’UQAM, c’est sa pratique artistique qui l’a menée à découvrir la Maison des Grands-Parents de son quartier, Villeray. Un lieu où elle a trouvé bien plus que des conseils pour ses techniques de tricot. Entrevue avec Audrey St-Laurent.

Au départ, qu’est-ce qui vous a motivée à fréquenter la Maison des Grands-Parents de Villeray?
Dans ma pratique artistique, j’ai eu envie de me tourner vers l’artisanat et l’art traditionnel. C’est très technique, donc assez difficile à apprendre. Comme c’est un centre intergénérationnel, j’ai pu intégrer l’atelier d’artisanat même si je ne suis pas une aînée. Tout le monde arrive ici avec son projet et tricote ensemble. Finalement, je suis devenue une tricoteuse aguerrie! Peu de temps après avoir commencé à fréquenter l’endroit, je me suis impliquée dans l’aide aux devoirs auprès d’une jeune fille de 6e année.

La Maison des Grands-Parents est devenue depuis un incontournable dans votre vie. Qu’est-ce qui vous incite à y retourner?
Le côté social. Avec les dames de l’atelier, on a développé des liens et on a une belle dynamique de groupe. Je leur raconte mes histoires, elles me racontent les leurs. Je les considère comme mes amies maintenant et j’ai hâte de venir les voir. C’est un lien particulier, privilégié. Ce sont mes seules amies de 80 ans. Discuter avec elles me permet de relativiser beaucoup de choses. Je crois que tout le monde devrait avoir des amis d’une autre génération. Pour apprendre de la vie, pour avoir un autre point de vue sur le quotidien. C’est un apport extraordinaire.

Par votre implication, quels constats faites-vous de la situation des aînés dans notre communauté?
On parle souvent des aînés qui sont mis de côté et qui sont isolés. Je le vois avec mes propres grands-parents qui vivent à Rimouski et qui ont moins de ressources à leur disposition. C’est différent à Montréal. Les femmes que je rencontre sont très actives et s’impliquent beaucoup. Elles sont intéressées par l’actualité, par la technologie et elles veulent continuer d’apprendre. Ce sont des femmes qui ont le goût de vivre. Ça fait partie du fait qu’elles sont actives. À partir du moment où tu restes chez toi et que tu regardes les journées passer, c’est plus difficile.

La Maison des Grands-Parents c’est un lieu de rencontre pour briser l’isolement. Participer à des activités et faire partie d’un groupe, c’est impliquant et important. La Maison prend aussi une place importante dans sa communauté. Il y a des aînés qui vont lire des contes dans les garderies, qui font l’aide aux devoirs avec les jeunes de l’école primaire juste à côté,… Il y a le groupe motivation jeunesse, la cuisine collective, les cafés-rencontres pour le soutien aux familles… Des lieux intergénérationnels comme celui-là, il devrait y en avoir partout.

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