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Les cursives aux oubliettes

Photo: Métro

À la rentrée 2014, 45 États américains délaisseront l’apprentissage de l’écriture en lettres attachées au profit de la maîtrise du clavier. Une idée folle?

Selon une liste d’objectifs nationaux adoptés en 2010 aux États-Unis, les élèves doivent être capables, à la fin du primaire, de maîtriser le clavier afin de pouvoir produire des textes d’une page minimum par séance de travail. En entrevue avec le Wall Street Journal, Jill Camnitz, membre d’un conseil scolaire, expliquait que c’était une façon de mieux outiller les enfants pour l’avenir.

«Qu’ils apprennent à écrire en script ou en cursive, les enfants sont avantagés lorsqu’ils apprennent un seul style d’écriture», affirme pour sa part Isabelle Montésinos-Gelet, professeure au Département de didactique de la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal. Il y a cinq ans, avec les professeures Marie-France Morin, de l’Université de Sherbrooke, et Natalie Lavoie, de l’Université du Québec à Rimouski, cette dernière a mené une recherche auprès de 718 élèves de deuxième année afin de déterminer quelle est la forme d’enseignement de l’écriture la plus profitable aux élèves.

«Au début du primaire, on observe un boom au niveau du développement orthographique chez les enfants, un peu comme la phase de développement du langage vers deux ou trois ans. C’est à ce moment qu’on les fait changer de style d’écriture, mettant ainsi en échec leur mémorisation en leur demandant un nouveau travail», explique Mme Montésinos-Gelet. Au Québec comme aux États-Unis, la façon d’aborder l’apprentissage de l’écriture repose sur la tradition plutôt que sur une recherche pédagogique qui en aurait prouvé les bienfaits. Ainsi, depuis des générations, on apprend à écrire en script en première année, puis en cursive en deuxième année, sans même que les responsables des programmes se posent de questions.

Bien que les recherches des trois professeures aient démontré qu’il est préférable d’apprendre l’écriture cursive dès le départ, le point à retenir, c’est qu’il est souhaitable d’enseigner un seul style d’écriture à la fois.

Et le clavier dans tout ça? «Le geste d’écrire au clavier n’est pas relié au maniement du crayon, mais le mécanisme est en quelque sorte le même», affirme Isabelle Montésinos-Gelet. L’apprentissage de cet outil devrait donc être introduit graduellement dans le cheminement scolaire, préférablement lorsque les élèves maîtrisent déjà une première forme d’écriture. Reste à voir comment les 45 États américains géreront la question!

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