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Se vendre quand on est introverti

Photo: Métro
Sarah Champagne - 37e avenue

Les humains ne sont pas tous des boulimiques de la sociabilité ayant besoin de se montrer au monde à la moindre occasion. Même si l’extroversion est valorisée à notre époque, la réserve des introvertis ne devrait pas les empêcher de se vendre.

Précisons d’abord une chose : les introvertis ne sont pas nécessairement gênés. Fernande Turgeon, du cabinet-conseil en réseautage Lise Cardinal, précise : «C’est plutôt une question d’énergie, car ils s’énergisent par eux-mêmes alors que les extrovertis ont constamment besoin de la reconnaissance des autres.»

La manière de réfléchir distingue aussi les deux personnalités. L’extroverti est plus démonstratif et réfléchit tout en parlant, alors que l’introverti réfléchit longuement avant de parler.

Vus à tort comme des solitaires, les introvertis doivent miser sur leurs qualités. Parmi celles-ci, Mme Turgeon énumère la bonne organisation, la déduction logicorationnelle, la capacité à trouver de l’information et l’autonomie. Étant conscients de leurs forces, les introvertis ne devraient pas non plus se laisser arrêter par les préjugés.

Finalement, si vous êtes convaincu d’être introverti, prenez les moyens pour vous ménager du temps. Mme Turgeon propose de négocier un contrat avec soi-même : «Si vous voulez aller à un cocktail, vous pouvez décider de vous accorder une activité en solitaire la journée suivante, de vous réserver un moment pour aller marcher, par exemple.»

Les gens qui se nourrissent surtout de leur monde intérieur auront ainsi moins le sentiment de se perdre dans des activités qui ne leur correspondent pas.

Pour en finir avec les mythes
Voici trois mythes à défaire pour mieux s’autopromouvoir et réseauter quand on est introverti.

  1. Les extrovertis sont comme des poissons dans l’eau avec le réseautage.
    De nombreux extrovertis ne maîtrisent pas parfaitement l’art de réseauter. Mme Turgeon donne des formations sur le réseautage et assure que ses classes sont remplies d’extrovertis! «Beaucoup d’extrovertis, même s’ils donnent beaucoup, sont incapables de demander des faveurs en retour. Ou encore, ils sont incapables de faire le suivi dans leur réseau», explique-t-elle.
  2. Le réseautage, ce sont les 5 à 7.
    Le réseautage est souvent associé aux activités sociales comme les partys de bureau, les sorties au golf ou les traditionnels 5 à 7. L’impression de ne pas être dans le club ou dans la «gang» si on est absent de ces réunions ne devrait pas prendre le dessus. «Ce n’est pas nécessairement l’endroit pour se faire valoir, souligne la spécialiste du réseautage. Il faut surtout savoir ce qu’on veut pour savoir où se promouvoir.» Chercher à être reconnu dans une spécialité, aller chercher des contrats ou des recommandations et trouver la bonne personne pour les communications sont trois champs qui nécessitent des actions différentes.
  3. Plus on connaît de monde, meilleur est notre réseau.
    Cette fois, Fernande Turgeon fait appel à une image pour déconstruire le mythe : «C’est la théorie du gouvernail. Dans un gros navire, un simple petit mouvement du gouvernail est suffisant pour virer de bord.» C’est la même chose dans un réseau. Plutôt que de se demander combien de gens il reste à rencontrer, il faut déterminer de qui on a besoin. A-t-on besoin d’un «connecteur», de quelqu’un qui connaît beaucoup de gens et peut nous les présenter? Ou au contraire, de quelqu’un qui nous reconnaît et nous vend auprès des autres? Quelle est la meilleure clé pour ouvrir les portes désirées?

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