Pour lire vite et bien
Pour être plus productif à l’école comme au bureau, apprendre à lire plus rapidement et surtout plus efficacement permet de gagner un temps précieux.
Mémos, rapports, comptes rendus de réunion, évaluations, recherches… La liste des documents à lire ne s’est pas raccourcie avec l’arrivée d’internet.
Un lecteur moyen lit 300 mots par minute alors qu’un lecteur rapide en parcourt 1 500. S’entraîner à lire plus vite peut donc permettre de multiplier par cinq sa productivité en lecture. Pour y parvenir, il s’agit tout d’abord de lire davantage, car plus on lit, plus on lit vite.
Des méthodes existent pour s’entraîner. Le site spreeder.com propose d’apprendre à lire plus vite en réduisant au silence cette «voix intérieure» qui récite dans notre tête les mots défilant devant nos yeux. Quand on parle, on ne peut lire qu’un mot à la fois. Mais quand notre cerveau parcourt directement les mots sans passer par la voix intérieure, il peut reconnaître plusieurs mots en même temps, ce qui accroît la vitesse de lecture.
L’autre secret pour apprendre à lire plus vite est de ne pas lire tous les mots. Il faut faire appel à la lecture globale plutôt qu’au décodage. Dès les premières lettres, le cerveau reconnaît un mot. «Lire «tech» suffit à comprendre qu’il s’agit du mot «technologie»», explique Denis Côté, orthopédagogue au Centre étudiant de soutien à la réussite de l’Université de Montréal. Il faut également concentrer sa lecture sur les noms et les verbes plutôt que sur les articles que notre cerveau restituera automatiquement.
Mais lire plus rapidement ne signifie pas forcément lire mieux. «C’est inutile de savoir lire vite si on ne comprend rien», met de l’avant M. Côté. Faire appel à des techniques de lecture efficace permet d’assurer une bonne compréhension des textes lus. Il s’agit tout d’abord de définir l’objectif de sa lecture : la recherche d’une définition ou d’un conseil, par exemple. Ensuite, balayer des yeux le document à la recherche de certains mots-clés permet de tomber sur l’information recherchée. Il faut également se rappeler qu’en général, les idées principales sont placées au début d’un paragraphe et que les conclusions résument les éléments les plus importants.
Pour gagner en efficacité, une entreprise a intérêt à définir une stratégie en matière de rédaction de documents. «Il est utile de se donner une structure commune à adopter quand on écrit une note de service», affirme M. Côté. Une compagnie peut ainsi décider d’inclure dans tous ses mémos une section où sont résumées les informations capitales, ou de placer un sous-titre par paragraphe.
Lire efficacement, c’est également ne pas avoir à relire un document déjà lu dans le passé. M. Côté conseille donc d’utiliser des commentaires comme «procédure importante» dans les marges et de synthétiser un texte sur un post-it s’il est vraiment long. «Il faut éviter que l’information soit accumulée, mais oubliée par la suite», souligne-t-il.