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Hausse du travail à temps partiel dans le monde entier

Photo: Métro
Sarah Champagne - 37e Avenue

Un peu partout dans les pays industria­lisés, l’emploi à temps partiel poursuit sa croissance. Même si certains déplorent cette ten­dan­ce, il faut noter que dans plusieurs pays, notamment au Canada, le travail à temps partiel est un choix, dans la vaste majorité des cas.

La semaine de travail traditionnelle perd encore du terrain. Dans la plupart des pays industrialisés, l’emploi à temps partiel est en pleine croissance. Même si les employeurs trouvent parfois dur de jongler avec les horaires d’employés à temps partiel, ils devront s’y habituer : pour la majorité des salariés, passer moins de temps au boulot est un choix.

Dans les 28 pays couverts par un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économi­ques (OCDE), 21,8 millions de personnes de plus qu’en 2002 travaillent à temps par­­tiel. Durant la dernière décennie, le nombre d’employés qui travaillent moins de 30 heures par semaine a même doublé au Luxembourg, en Turquie, en Italie et en Slovaquie.

Plus près d’ici, les États-Unis ont vu 3,8 millions de personnes s’ajouter à cette catégorie.

Quant aux Canadiens travaillant à temps partiel, il y en a 425 600 de plus qu’en 2002. Cela porte le total à près de 3,3 millions d’employés à temps partiel au pays.

Dans certains cas, cette baisse du temps de travail est attribuable aux restrictions budgétaires des entreprises. Plutôt que de congédier une partie de leur personnel pour faire fondre leur masse salariale, celles-ci optent pour une solution de compromis, soit la réduction des heures de travail. Il s’agit donc de temps partiel involontaire ou imposé.

Ce n’est toutefois pas la situation qui prévaut dans la majorité des cas, du moins au Canada.

À contre-courant de la course vers plus d’argent, on retrouve la quête d’une meilleure conciliation travail-famille: 9% des travailleurs à temps partiel affirment pren­dre soin des enfants grâce au temps additionnel dont ils disposent. Un de ces travailleurs sur quatre évoque cependant une «préférence personnelle» non précisée. Envie de liberté ? Nouvelle philosophie de vie ? On peut supposer qu’une réflexion sur les priorités fait pencher la balance vers le temps plutôt que l’argent.

Par ailleurs, les jeunes de 15 à 24 ans forment près de la moitié de ce groupe, en majorité à cause de leurs études. C’est donc dire que les travailleurs à temps partiel mènent aussi d’autres projets de front.

La popularité de la semai­ne de quatre jours pourrait également être responsable du gonflement des statisti­ques.

Quelqu’un qui choisit de tra­vailler sept heures par jour durant quatre jours entre dans cette catégorie, malgré un emploi du temps plutôt semblable à celui d’un employé à temps plein.

On peut aussi penser à la montée des boulots atypiques, où l’effort de travail est fourni par moments brefs mais intenses. L’économie du pays étant de plus en plus dominée par le secteur tertiaire (services, haute technologie, santé), le marché offre davantage cette possibilité.

Les travailleurs qui ont envie de choisir le temps partiel devraient se renseigner sur la demande dans leur secteur: là où il y a pénurie de main-d’œuvre, les employeurs sont plus réceptifs.

Les entreprises conscientes de ces changements et de la valeur croissante que les plus jeunes accordent au fait d’avoir une vie équilibrée chercheront à s’adapter. Aux employeurs qui hésitent à accorder le temps partiel, les travailleurs peuvent faire valoir qu’ils leur donneront les moments les plus productifs de leur semaine. Travailler moins, travailler mieux!

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