Travailler et s’engager pour que chacun mange à sa faim
Depuis 2005, Bernard Besancenot travaille pour l’organisme communautaire MultiCaf, une cafétéria communautaire du quartier Côte-des-Neiges qui fait bien plus qu’offrir de l’aide alimentaire aux personnes dans le besoin.
En quoi consiste votre travail pour l’organisme communautaire MultiCaf?
Les gens qui viennent à MultiCaf ont d’abord et avant tout un problème sur le plan de la sécurité alimentaire. Ils viennent nous voir pour profiter d’un repas complet offert au prix de 1,50$. Notre cafétéria communautaire est un lieu pour partager un repas, mais aussi pour briser l’isolement et l’exclusion que vit la majorité de notre clientèle en raison de problèmes de maladie mentale ou de handicap physique, de pauvre connaissance de l’anglais ou du français, de dépendances diverses, d’absence d’éducation, etc.
Je travaille de concert avec d’autres organismes communautaires du quartier pour mettre en place différents projets et activités afin de venir en aide à ces personnes (magasins-partage, jardins sur les toits, cuisines collectives, etc.). Je travaille également à une étude au sujet des nouveaux visages de l’itinérance, commandée par la Ville de Montréal au professeur du département de sociologie de l’UQAM Jean-Marc Fontan. Nous espérons, par cette étude, pouvoir faire venir divers services pour aider ces personnes à s’intégrer dans une vie sociale.
«Notre service est essentiel, mais nous peinons à trouver des fonds.» – Bernard Besancenot
Quelle formation avez-vous suivie pour devenir animateur et agent de liaison avec la communauté dans cet organisme?
J’ai une formation française en animation socioculturelle et en théâtre… et beaucoup d’expérience sur le terrain!
Depuis combien de temps travaillez-vous pour MultiCaf?
Huit ans.
Quel aspect du travail préférez-vous?
Pouvoir aider les autres, même si c’est minime. Par exemple, avec le magasin-partage de la rentrée, nous réussissons à offrir un sac à dos avec des crayons et une règle à chaque enfant dans le besoin. Ce n’est pas beaucoup, mais ça fait un stress de moins sur les épaules des parents.
Quel aspect du travail trouvez-vous le plus difficile?
Le manque de financement. En 2012, nous avons servi en moyenne 252 dîners par jour et dépanné près de 800 familles par mois. Notre service est essentiel, mais nous peinons à trouver des fonds. Ça coûterait pourtant moins cher au gouvernement de nous aider dès le départ afin d’enrayer plusieurs problèmes causés par la faim (échecs à l’école, maladies, etc.).