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Aimer l’école, un Lego à la fois

Sophie Mangado - Collaboration spéciale

Rien ne va plus à Legoville: la municipalité enregistre un manque criant de manèges! Cette année encore, le maire a fait appel à l’ingéniosité des enfants pour concevoir et construire de quoi remplir les parcs d’attractions…

Apprendre en jouant: voilà le principe de base du projet Propulsion. Pour la quatrième édition de cette initiative, des écoles montréalaises ont relayé l’appel du maire de Legoville auprès de leurs élèves de quatrième, cinquième et sixième année. Tout au long de l’année scolaire, les enfants, par groupe de quatre, travaillent à l’élaboration d’un manège en Lego.

L’idée a germé dans la tête de Brigitte Coulombe alors qu’elle était directrice adjointe d’une école primaire. Comment accrocher les jeunes à l’école, comment leur donner envie d’apprendre ? «On a pensé que le jeu serait un bon outil», explique l’initiatrice du projet. Avec Brault et Bouthillier comme premier partenaire, elle sollicite la Fondation Lego, qui accepte d’appuyer le projet. Cette année, 38 écoles participantes ont reçu tout le matériel nécessaire à la construction de manèges miniatures.

Machines, leviers, engrenages, plans : maîtriser les outils «place les élèves en situation d’apprentissage complexe», poursuit Brigitte Coulombe. Au-delà des compétences académiques que le projet développe, le travail en équipe est un véritable levier d’apprentissage. «Avoir des idées et les expliquer, écouter celles des autres, faire des hypothèses… Plutôt que d’apprendre par les livres, on met la main à la pâte. Et ça reste! Les élèves retiennent ce qu’ils ont expérimenté.»

«J’ai vu des enfants sourire, être présents à l’école, vouloir rentrer lors de journées pédagogiques pour travailler sur leur manège.» – Brigitte Coulombe

Quelques jours avant les vacances, Jeux WB Montréal accueille l’exposition finale. Belle façon de clore l’année scolaire: le géant du jeu numérique propose aussi des ateliers aux élèves participants. Dessin d’animation ou stop motion à partir de Lego: pour Brigitte Coulombe, «des enfants peu intéressés par l’école comprennent que l’apprentissage peut mener à un métier amusant».

Élogieuse au sujet de l’ingéniosité et de la créativité dont les bricoleurs en herbe font preuve, la directrice de l’école Pie-XII précise néanmoins qu’il n’y a pas de concours. «Propulsion valorise la persévérance plutôt que le plus beau ou le plus spectaculaire des manèges. Qu’un élève aille au bout du projet, c’est ce qui compte.» Tout comme elle-même est allée au bout de son idée. «C’est aussi le message qu’on fait passer: nous avons eu une idée, nous y avons cru et nous l’avons portée. Aujourd’hui, le résultat dépasse tout ce qu’on avait imaginé.»

Testé auprès de deux classes en 2011, le projet touche 38 écoles en 2014, réparties dans 4 commissions scolaires montréalaises sur 5. Propulsion séduit jusqu’en Alberta, d’où Brigitte Coulombe a reçu une lettre d’un enseignant intéressé.

Elle se concentre dans l’immédiat à l’expansion du projet à Montréal.

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