Techniques d’intervention en délinquance: candidats recherchés
Entre 2007 et 2012, 93% des diplômés du programme collégial Techniques d’intervention en délinquance ont trouvé un emploi. Même si les intervenants exercent auprès d’une clientèle mixte, les hommes sont favorisés à l’embauche.
«Il y a approximativement 10% de gars dans le programme. Or, les milieux plus difficiles, comme les établissements carcéraux, courent après les intervenants masculins. Un gars qui s’inscrit dans le programme est sûr à 100% de se trouver un emploi», affirme Luc Durocher, enseignant et chargé d’activités spécifiques pour le programme au Collège Ahuntsic.
Au terme de cette formation de trois ans à temps complet qui inclut quatre stages, les étudiants auront les compétences nécessaires pour intervenir auprès de jeunes ou d’adultes présentant des problèmes de comportement, de délinquance et d’adaptation sociale. Leur rôle est d’encadrer ces individus dans leur vie quotidienne, d’observer leur comportement et de leur fournir une relation d’aide directe ou indirecte. «Tout ce qui concerne l’évaluation et le diagnostic exige un baccalauréat», précise M. Durocher. L’an dernier, 17% des finissants ont d’ailleurs ont décidé de poursuivre des études universitaires.
Faits saillants
- Le programme est contingenté. À l’automne 2014, 482 demandes ont été soumises, et 230 étudiants ont été admis.
- Les intervenants ont souvent un horaire de travail rotatif: jours, soirs, fins de semaine, jours fériés.
- Le salaire initial moyen tourne autour de 18,80$/heure.
Entrevue. Hélène Bilodeau, intervenante psychosociale
- Formation : Techniques d’intervention en délinquance, Collège Ahuntsic, 2010 à 2014
- Employeur au moment de l’entrevue : Accueil Bonneau
- Dans la profession depuis : 2013
Pourquoi avez-vous choisi cette profession?
Lorsque j’étais à l’école secondaire, ce domaine m’intéressait, mais mon entourage m’avait fait changer d’idée, me disant que j’étais trop sensible. Après six ans de sabbatique, je suis retournée sur les bancs d’école pour aller au bout de mon idée. J’ai toujours aimé aider les gens, sans jugement.
Quelles sont les principales tâches d’une intervenante psychosociale?
C’est tellement différent, de jour en jour! À l’Accueil Bonneau, il y a plusieurs services et départements: le centre de jour, la salle d’art, la salle d’attente et le travail de milieu. Comme je suis intervenante pivot, je change de département de semaine en semaine, donc mon travail change constamment. J’interviens toujours auprès d’une clientèle à risque d’itinérance, mais je le fais de différentes façons selon le département où je me trouve et les besoins de chacun.
Quelles qualités doit posséder une intervenante psychosociale?
De l’empathie et de l’écoute.
Quels aspects du travail préférez-vous?
La relation humaine. J’apprends tous les jours grâce aux gens que je côtoie.
Quelles sont les difficultés liées à votre travail?
La frontière est floue entre l’empathie et la sympathie. Certaines choses peuvent me mettre en colère ou me faire de la peine, et c’est difficile de ne pas ramener ça à la maison.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut devenir intervenant psychosocial?
Avant de s’occuper des autres, il faut être capable de s’occuper de soi.
