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17:19 19 janvier 2016 | mise à jour le: 14 juin 2021 à 14:53 Temps de lecture: 5 minutes

Soutien académique: Guider les élèves vers l’autonomie

Soutien académique: Guider les élèves vers l’autonomie
Photo: MétroStudying books

La demande auprès des centres d’accompagnement pédagogique est de plus en plus grande au Québec.

Un phénomène profitable à Kumon, un réseau de franchises privées offrant du soutien académique en mathématiques et en anglais, qui connaît une expansion remarquable dans la région métropolitaine.

«Avant, je disais que nous étions un secret bien gardé, mais ce n’est plus le cas. Il y a maintenant une trentaine de franchises à Montréal. Ici, dans les six derniers mois, le nombre d’inscriptions a augmenté de 25 %. C’est énorme. Notre centre compte maintenant 25 employés et est
fréquenté par 300 jeunes», dit Claudia Varvaro, propriétaire du centre Kumon de LaSalle depuis 2006.

En ce samedi après-midi hivernal, ils sont nombreux à s’affairer aux tables de travail du centre. Crayon et feuilles d’exercices en main, des élèves de tous les âges se côtoient dans une atmosphère étonnamment calme. Chacun travaille consciencieusement pendant que les éducateurs circulent entre les tables pour apporter leur aide en cas de demande.

Avant de quitter les lieux, plusieurs enfants s’arrêtent au bureau de Mme Varvaro pour lui montrer les devoirs accomplis. Elle prend un moment avec chacun, vérifie les réponses et distribue les encouragements. «Nous voulons développer des élèves autonomes. Des jeunes qui n’ont pas besoin de leurs parents pour faire leurs devoirs. Car au secondaire, les parents sont souvent dépassés par la matière et n’arrivent plus à aider leurs enfants», explique la responsable du centre.

La méthode Kumon
Cette approche pédagogique, développée dans les années 1950 au Japon et utilisée par plus de 4 millions de jeunes à travers le monde, est axée sur l’auto-apprentissage. Chaque élève doit consacrer de 20 à 30 minutes par jour pour compléter ses exercices Kumon de mathématiques ou d’anglais. Deux fois par semaine, l’enfant fait ses travaux au centre, sous la supervision des éducateurs.

«C’est une charge de travail supplémentaire quotidienne, donc ce n’est pas fait pour tout le monde. Ça demande une discipline, un véritable engagement de la part des élèves et des parents, précise Mme Varvaro. Le programme est bâti sur le long terme, alors les jeunes restent ici plusieurs années. Certains d’entre eux sont là depuis 10 ans. Ce n’est pas un programme qu’on essaie pendant deux ou trois mois. Ça prend un an reconstruire la base scolaire qui n’est pas maîtrisée par l’élève. Ensuite, il faut la maintenir.»

Les besoins des jeunes qui fréquentent l’endroit sont différents. Alors que certains cherchent à renforcer leurs habiletés, la plupart ont de la difficulté à l’école. «Beaucoup de parents sentent que l’école roule trop vite pour leur enfant. Au début, en plus de faire du rattrapage, on doit aussi travailler la perception que l’élève a de lui-même. Souvent, ceux qui ont de la difficulté n’ont pas confiance en eux et n’aiment pas l’école. Notre défi est de changer cette attitude», indique Mme Varvaro.

«On commence avec des choses simples et on installe une base solide. Une fois que l’enfant est confortable à un niveau, on passe au suivant. Le programme progresse au rythme de l’élève, mais rapidement il vient à prendre de l’avance sur la matière vue à l’école. Ça rend l’apprentissage beaucoup plus facile.»

Une expérience bénéfique
Rencontrées sur place, les deux filles de Mme Guérin suivent le programme de mathématiques au centre Kumon de LaSalle depuis plusieurs années. «La plus vieille, c’est elle-même qui nous a demandé de l’inscrire. Elle aimait les mathématiques et elle voulait être meilleure, note Mme Guérin. Elle est en secondaire 4, mais elle a un an d’avance sur la matière. Elle n’étudie même plus pour ses examens et elle a des notes au-dessus de 90 %. Il faut dire qu’elle avait déjà de la facilité à l’école.»

Sa plus jeune fille, qui connaissait plus de difficulté, a été encouragée à tenter l’expérience Kumon. «Je voyais les bénéfices du programme avec ma plus vieille. Je me disais que ça ne pouvait sûrement pas être mauvais pour un enfant qui a plus de difficulté. Finalement, je ne m’étais pas trompée», constate Mme Guérin.

«Quand j’ai commencé ici, j’avais tellement de problèmes, dit la jeune fille de 12 ans. C’était du chinois pour moi les mathématiques. On a pris le temps de m’expliquer et maintenant, c’est plus clair.»

«L’école lui fait moins peur, ajoute sa mère. Elle voit des choses en classe qu’elle a déjà étudiées avec Kumon, alors c’est plus facile. Elle réussit très bien et on voit qu’elle a plus confiance en elle.»

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