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Faut-il plus d’argent en éducation?

Close-up of writing hands of students at course Photo: Getty Images/iStockphoto

Investir davantage dans un système d’éducation déjà bien financé, comme le nôtre, n’améliore que rarement les apprentissages.

Chaque fois qu’on discute d’éducation au Québec, la solution à tous les problèmes semble être constamment la même: de l’argent, toujours plus d’argent! On veut aider les élèves en difficulté d’apprentissage? Il faut investir davantage. On désire assurer la réussite du plus grand nombre? Il faut augmenter les budgets des écoles.

Il n’y a pas de doute que, pour être efficaces et accomplir leur mission, nos écoles doivent pouvoir compter sur des ressources suffisantes. Mais comment savoir au juste si les ressources disponibles sont suffisantes ou pas?  Bien sûr, les professeurs et les autres intervenants du milieu de l’éducation diront qu’ils peuvent constater tous les jours les conséquences d’un manque cruel et continuel de ressources. Mais comment savoir si les ressources manquent vraiment ou si elles pourraient être utilisées autrement pour mieux répondre aux besoins des élèves?

Si cette question vous semble effarante, sachez que, au cours des 30 dernières années, plusieurs études ont montré qu’une augmentation des ressources financières n’a que très rarement pour résultat d’améliorer les apprentissages ou de réduire le décrochage. Du moins, pas dans les systèmes d’éducation qui jouissent déjà d’un niveau élevé de financement, comme celui du Québec. Une étude qui vient de paraître en fait justement la preuve.

Les chercheuses Emiliana Vegas et Chelsea Coffins, de la Banque interaméricaine de développement, se sont demandé si les élèves des pays qui investissent davantage dans leur système d’éducation réussissent mieux à l’épreuve de mathématiques du PISA. Comme on le sait, le PISA est un test international qui permet de vérifier la qualité des apprentissages des élèves des pays membres de l’OCDE, tant au primaire qu’au secondaire.

Elles ont découvert que dans les pays qui investissent moins de 8 000 $US par élève par année, plus l’investissement en éducation s’approche de ce montant, meilleurs sont les résultats des élèves au test PISA. Cependant, dans les pays qui investissent 8 000 $US et plus par élève par an, le fait d’investir davantage ne mène pas à de meilleurs résultats scolaires. Donc, l’efficacité de l’investissement plafonne lorsqu’un pays investit déjà 8 000 $US par élève par an. Or, au Québec, nous investissons environ 8 740 $US(11 511 $) par élève par an.

Notons que les élèves de certains pays, par exemple la Finlande, ont de meilleurs résultats à ce test pour un niveau de financement similaire. Cela dit, les pratiques pédagogiques varient grandement d’un pays à l’autre.

L’augmentation constante du financement n’est donc pas une solution pour améliorer les apprentissages. Pour un système déjà bien financé comme le nôtre, il faut penser à utiliser autrement les ressources, par exemple en améliorant la formation initiale et continue des professeurs, en favorisant des pratiques de rétroaction continue et en adoptant des stratégies de diagnostic et de résolution des problèmes d’apprentissage.

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