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Anjou: coup de filet contre un réseau de trafiquants

Quatre membres d’un réseau de trafiquants de tabac et de cannabis établi à Anjou ont été arrêtés dans le cadre d’une opération menée le 10 février, a annoncé le Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Une marchandise d’une valeur de plus de 70 000$ a aussi été saisie.

Selon le communiqué émis par le SPVM, les enquêteurs de la Section ACCES (actions concertées pour contrer les économies souterraines) et produits de la criminalité ont réalisé une «importante frappe» le 10 février à la suite d’une enquête amorcée à l’automne 2020. Des opérations de surveillance et de filature ont permis d’identifier différents lieux situés à Anjou à partir d’où les complices auraient mené leurs activités.

Des perquisitions ont été faites dans trois résidences et un appartement qui aurait été utilisé comme cache par les suspects, selon les policiers.

La marchandise saisie comprend près de 3 kg de cannabis, 55 g de haschich et des fioles d’huile de cannabis d’une valeur totale sur le marché noir de plus de 30 000$. Les policiers ont également mis la main sur 600 cartons de cigarettes de contrebande valant plus de 40 000$, de même qu’une somme de 2625$ en espèces.

L’un des suspects a comparu le 11 février dernier au palais de justice Montréal afin de répondre à différentes accusations liées au trafic de stupéfiants et de tabac. Ses trois complices comparaîtront à une date ultérieure.

Cette enquête a pu être menée avec succès grâce à une collaboration et un partenariat entre la Section ACCES et produits de la criminalité, la Section des enquêtes criminelles Est ainsi que des patrouilleurs appartenant à plusieurs postes de quartier.

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Profilage: une révision du processus de nomination du chef du SPVM réclamée

La Ligue des Noirs du Québec presse l’administration de Valérie Plante de réviser le processus de nomination du chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) afin d’impliquer davantage les citoyens et de lutter contre le profilage racial.

En juin dernier, l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a déposé un rapport sur le racisme et la discrimination systémiques dans la métropole. Dans ce vaste document, l’organisme paramunicipal recommande notamment à la Ville de revoir «le processus de sélection» du chef du SPVM.

Pour ce faire, la Ville pourrait notamment «exiger» que les finalistes à ce poste effectuent chacun une présentation lors d’une séance en ligne de la Commission de la sécurité publique (CSP) qui inclurait une période de questions du public. La CSP devrait par ailleurs s’engager à ce que le choix de la candidature finale «soit conditionnel à sa connaissance et à sa reconnaissance du problème de profilage racial et social ainsi qu’à sa maîtrise des compétences nécessaires pour mener un changement de culture organisationnelle», peut-on lire.

En novembre 2018, la Ville a nommé Sylvain Caron à titre de chef du SPVM, afin de remplacer Martin Prud’homme et de faire le ménage dans les affaires internes du corps de police. Son mandat, de cinq ans, prendra fin en décembre 2023.

Un processus de sélection à revoir au SPVM

Pour la Ligue des Noirs du Québec, il y a donc «urgence» d’agir pour planifier le processus de recrutement du prochain directeur du SPVM, en concordance avec les recommandations de l’OCPM. Selon l’organisme de défense des droits de la communauté noire, Montréal devrait s’inspirer de Toronto, qui a pris l’engagement cet été de revoir le processus de sélection de son chef de police.

«Ce qu’il faudrait faire, c’est mettre en place des mesures concrètes afin que le nouveau chef de la police ne soit pas nommé comme il l’est traditionnellement. Il faut que ça soit fait de façon plus transparente à l’avenir avec une plus grande participation citoyenne», martèle à Métro le président de la Ligue, Max Stanley Bazin.

Implication citoyenne

Par ailleurs, actuellement, les neuf membres de la CSP sont des élus de différents partis à l’hôtel de ville. L’OCPM estime toutefois que ce nombre devrait grimper à 11 afin d’inclure deux citoyens qui auraient un droit de vote équivalent à celui des élus.

Une telle mesure permettrait d’apporter «une voix à la population» dans le choix de prochain chef du SPVM, analyse l’ancien policier de  la Gendarmerie royale du Canada et conseiller en profilage racial, Alain Babineau. «Ça donnerait des perspectives différentes» sur les différents enjeux de sécurité publique débattus à cette commission, ajoute-t-il.

«C’est vraiment la société qui doit choisir son chef [de police]», estime également la directrice de la Ligue des Noirs nouvelle génération, Anastasia Marcelin.

«On a peur que ce rapport [de l’OCPM] soit mis sur une tablette, comme cela a été fait dans le passé.» -Max Stanley Bazin, président de la Ligue des Noirs du Québec

En août 2019, la Cour supérieure du Québec a autorisé une action collective de la Ligue des Noirs du Québec. Celle-ci porte sur des pratiques présumées de profilage racial au SPVM. Même si l’organisme a ouvert la porte à une entente à l’amiable avec la Ville, l’an dernier, il confirme à Métro qu’il n’a pas abandonné cette action collective, qui suit son cours.

Plan d’action

Contacté par Métro, le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, souligne que la Ville a déjà mis en application les trois premières recommandations du rapport de l’OCPM, qui en compte 38.

La Ville a ainsi reconnu l’existence du racisme systémique, nommé une nouvelle membre au comité exécutif pour s’attaquer à cet enjeu et créé un poste de commissaire qui devra rédiger un plan d’action visant «la priorisation et l’implantation des recommandations de l’OCPM».

La nouvelle commissaire, Bochra Manaï, sera d’ailleurs à la tête d’un bureau sur lequel siègeront des professionnels ayant des expertises diverses. Un des experts de ce groupe travaillera par ailleurs à temps plein avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) afin d’y contrer le profilage racial et social.

«Notre administration est fermement déterminée à poursuivre son action pour lutter contre le racisme et les discriminations systémiques et accélérer la transformation organisationnelle vers une Ville plus juste, inclusive et représentative de ses diversités», affirme à Métro une attachée de presse du cabinet de Mme Plante, Laurence Houde-Roy.

Au moment d’écrire ces lignes, le SPVM n’avait pas répondu aux questions de Métro.

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SPVM: création d’une nouvelle équipe pour lutter contre le trafic d’armes

Alors que le nombre de fusillades a connu une hausse dans les derniers mois dans plusieurs quartiers de la métropole, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mettra en place prochainement une équipe de 20 policiers qui s’attaqueront à la distribution et à l’approvisionnement d’armes à feu sur l’île.

«Depuis juin, il y a eu une hausse  atypique [des événements impliquant des armes à feu], qui s’est poursuivie malheureusement», a évoqué le directeur du SPVM, Sylvain Caron, en conférence de presse à l’hôtel de ville, jeudi avant-midi.

L’équipe dédiée à la lutte contre le trafic d’armes (ELTA), qui devrait entrer en fonction à la fin du mois de janvier, viendra notamment compléter le travail de l’escouade Quiétude, qui lutte déjà depuis un an contre la prolifération des armes à feu illégales dans la métropole.

«Ce qu’on veut, c’est s’attaquer au réseau de distribution et d’approvisionnement en armes à feu sur le territoire, en allant plus loin dans nos enquêtes», a indiqué M. Caron, pour justifier la création de cette nouvelle équipe.

Hausse des fusillades

Dans les derniers mois, plusieurs fusillades ont eu lieu dans différents secteurs de Montréal, incluant le Vieux-Montréal, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord. Le SPVM a d’ailleurs augmenté dans les derniers mois sa présence  dans ces secteurs, tout comme dans Saint-Léonard et Ahuntsic, entre autres. Des policiers s’y promènent à pied, à vélo et font du porte-à-porte.

Présente à cette conférence de presse, la mairesse de Rivières-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et nouvelle responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Caroline Bourgeois, a d’ailleurs indiqué avoir reçu un nombre «énorme» de familles qui ont «des inquiétudes légitimes» reliées au trafic d’armes près de chez elles.

«Nous devons être en mesure de rassurer les gens qui sont inquiets par les incidents violents qui ont fait la manchette», a pour sa part déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui souhaite «renverser la tendance actuelle».

En bonifiant ses efforts d’enquête sur le trafic d’armes à feu, le SPVM espère donc prévenir d’autres fusillades et augmenter «le sentiment de sécurité» dans la population, a indiqué M. Caron.

«[Cette équipe d’enquête] va nous permettre d’arrêter les trafiquants, qui permettent à des gens d’utiliser des armes à feu à toute heure du jour, près des écoles et dans des quartiers résidentiels où ça rend les citoyens [craintifs]», a expliqué le directeur du SPVM.

Le trafic d’armes étant un enjeu qui dépasse les frontières de l’île de Montréal, cette nouvelle équipe pourrait être appelée à travailler avec d’autres corps de police, comme la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada, a d’ailleurs précisé M. Caron.

Dans les derniers mois, l’escouade Quiétude a procédé à 103 arrestations et à 83 perquisitions pour un total de 44 armes à feu saisies. Celles-ci étaient en bonne partie illégales, a indiqué le SPVM jeudi.

«Ça va permettre de redonner confiance aux Montréalaises et aux Montréalais qui ont vu leur quartier être a cible de tentatives de meurtre, de vols à main armée ou de coups de feu.» -Caroline Bourgeois, responsable de la sécurité publique au comité exécutif

3 M$ par année

Cette nouvelle équipe permanente bénéficiera d’un financement annuel d’environ 3 M$, que le SPVM tirera à même son budget existant. Le corps de police ne compte donc pas embaucher de nouveaux policiers pour répondre aux besoins de cette équipe. Le corps de police compte plutôt miser sur des «postes vacants» dans différentes unités pour combler cette équipe.

«On est évidemment content de voir que le SPVM prend la situation du trafic d’armes au sérieux», a réagi à Métro le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. L’élu de l’opposition officielle à l’hôtel de ville aurait toutefois souhaité que cette annonce survienne «plus tôt», alors que le nombre de fusillades est en hausse depuis cet été.

À terme, cette équipe devrait compter 40 policiers. L’annonce ne précise toutefois pas d’échéance pour l’atteinte de ce nombre.

Profilage racial

La création de cette nouvelle équipe et le désir de la Ville de continuer d’assurer une forte présence policière dans plusieurs quartiers, a fait vivement réagir Jessica Quijano, qui est membre de la Coalition pour le définancement de la police.

«Quand il y a plus de policiers, ça augmente la violence», affirme Mme Quijano, en entrevue à Métro. Cette dernière craint d’ailleurs que cette nouvelle équipe d’enquête se retrouve elle aussi montrée du doigt pour profilage racial, comme cela a été le cas avec l’escouade Quiétude, selon une étude.

«Le sentiment de sécurité, je me demande c’est pour qui. Ce n’est certainement pas pour les personnes noires ou autochtones», lance la militante.

Questionnée par Métro, Caroline Bourgeois a souhaité faire une distinction entre le travail d’enquête du SPVM et l’approche communautaire que le corps de police souhaite développer pour ses interventions sur le terrain.

«On doit agir sur deux volets. Donc assurément, il y a le volet de prévention, de police communautaire, de travailler avec des intervenants sociaux pour vraiment créer ce lien de confiance. Tout ça est extrêmement important. Mais ça n’empêche pas qu’on puisse consolider les services d’enquête pour qu’on puisse travailler sur les têtes de réseaux [du crime organisé], qui font que dans certains quartiers, on retrouve des jeunes de 17 ou 18 ans avec des armes dans leurs mains», a déclaré l’élue de Projet Montréal. 

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Crime haineux: une jeune femme ignorée par les policiers

Une femme de 19 ans, originaire du Maroc, dit avoir été victime d’un crime haineux dans le cadre de son travail de caissière dans un Walmart de l’est de Montréal. À la suite d’un appel qu’elle a fait au Service de police de Montréal (SPVM), elle a fait l’objet d’une enquête criminelle parce que les policiers du poste de quartier 48 ont refusé de la croire, dit Nouhaila, qui avait 18 ans lors de l’incident. Pour la première fois, elle accepte de témoigner à visage découvert.

« T’es qu’une sale Arabe »

 

Le 28 juin dernier, une cliente du magasin s’est jetée sur Nouhaila en lui agrippant fortement les bras et en la secouant, affirme-t-elle. Elle lui a ensuite demandé son nom. Lorsqu’elle lui a répondu qu’elle s’appelait Nouhaila, la cliente du Walmart situé sur l’avenue de Granby lui a rétorqué: «T’es qu’une o*ti de sale arabe, décr*isse chez vous!». La cliente l’a aussi menacée de lui «cr*sser une claque». Cette dernière a essayé de lui jeter une caisse d’eau sur la tête avant que des employés du magasin interviennent pour la protéger, dit-elle.

«Je me sentais très humiliée parce qu’il y avait plusieurs clients autour de nous et plusieurs riaient de la situation. Certains ont sorti leur téléphone pour filmer, mais personne n’a réagi. Personne n’a rien fait» explique la jeune femme rencontrée à son domicile.

Nouhaila a donc décidé d’appeler la police. La cliente aurait alors quitté le magasin. Lorsque la police est arrivée sur les lieux, les agents lui ont appris que la cliente avait aussi rapporté l’événement. Selon Nouhaila, les policiers étaient biaisés et l’ont découragée de porter plainte. Une policière lui aurait aussi précisé qu’elle pourrait aller en prison si elle portait plainte contre la cliente.

Plusieurs témoins étaient présents, mais ils n’ont pas tous été interrogés par les policiers, explique Larbi, un ancien employé du magasin. «Il y avait moi, Rania et une autre employée aussi prénommée Nouhaila qui avons vu l’incident. Les policiers m’ont interrogé, mais ils n’ont pas voulu parler aux autres témoins, qui sont aussi des Arabes» ajoute-t-il. «C’est comme si à leurs yeux, les témoins arabes n’étaient pas pris en considération», explique-t-il.

Crime haineux ou propos racistes

Aujourd’hui, avec l’appui du Centre de recherche-actions sur les relations raciales (CRARR), Nouhaila a porté plainte contre les policiers de la Ville de Montréal. Elle leur reproche leur comportement négligent. «Ils ont essayé de me convaincre que le problème venait de moi», soutient-elle. Les policiers du poste de quartier 48 lui auraient dit qu’elle ne pouvait pas porter plainte pour des propos racistes.

D’après le directeur du CRARR, Fo Niemi, ces informations sont fausses. Si on ne peut pas porter une plainte criminelle pour des propos racistes, on peut porter plainte au civil. Selon M.Niemi, dans ce cas précis, la police doit tenir compte des propos haineux comme motivation de l’acte physique. Il estime que Nouhaila aurait pu porter plainte pour agression physique à caractère haineux et donc pour crime haineux.

Malgré de nombreux appels faits au poste de police ainsi qu’au service des communications, le SPVM a refusé de nous accorder un entretien avec les trois policiers concernés et de répondre à nos questions en lien avec cet événement.

La jeune femme croit également que l’administration du Walmart n’a pas réagi suffisamment pour la protéger. Avec le soutien du CRARR, elle souhaite aussi porter plainte contre son ancien employeur. Celui-ci lui a seulement demandé de «rester très polie avec la cliente» si elle revenait au magasin.

Des effets psychologiques

Depuis l’événement, la jeune femme doit consulter un psychologue, car elle dit souffrir d’un syndrome post-traumatique. Elle a souvent des crises d’anxiété et elle ne travaille plus chez Walmart, son psychologue ayant jugé qu’il s’agissait désormais d’un environnement malsain pour elle, raconte Nouhaila.

«Après ce qui s’est passé, je n’ai plus confiance à la police. J’ai peur que des gens malveillants s’en prennent à moi, je vis dans la peur», témoigne-t-elle.

«Je trouve que je suis trop jeune pour vivre ça. À 18 ans, je devrais vivre de beaux moments avec mes amis et non pas m’enfermer sur moi-même pendant trois mois, pleurer et faire des crises d’angoisse à cause d’un crime haineux que j’ai vécu et pour lequel je n’ai reçu aucune protection».

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