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Les 15 printemps de Bodybag

Photo: Pascale Therien

Pour célébrer les 15 ans de Bodybag, la designer Judith Desjardins lance un premier court-métrage.

Coup d’œil exclusif dans les coulisses de cet anniversaire marquant.

Judith Desjardins n’aime pas les compromis. C’est pourquoi on n’est pas près de voir de la cuirette dans ses créations. «Je me suis tout le temps dit : ‘‘On fait ce qui nous plaît et après, tant pis, on assume!’’ Ça ne me tente pas de faire des compromis pour mieux vendre», raconte la designer, qui n’a pas hésité à repenser sa signature au milieu des années 2000 pour faire face à la concurrence des grandes chaînes de prêt-à-porter comme H&M, Zara ou Forever21.

Du clubwear «créé entre deux partys» aux vêtements «jeunes, contemporains et sophistiqués avec une twist», il n’y a qu’un pas que la designer n’a pas hésité à franchir. C’était une question de survie. «Il y a aussi que je n’ai plus 20 ans, et je le sais», souligne-t-elle.

Il faut dire qu’en 15 ans, l’industrie a aussi changé, et pas qu’un peu. Après avoir subi les contrecoups du 11 septembre 2001 – sa griffe était à ce moment bien distribuée à New York – elle a dû s’ajuster à l’ouverture des quotas sur la Chine en 2005. Et puis, il y a la petite révolution de l’internet. «Quand j’ai commencé, nous étions vraiment à l’avant-garde simplement parce que nous avions un site web», se rappelle-t-elle. Sa boutique en ligne, qu’elle vient de rouvrir après des mois d’inactivité, attire maintenant des clientes d’aussi loin que le Texas.

Dans son atelier-boutique de la rue Bernard, où elle nous accueille en un vendredi après-midi caniculaire, la designer ne chôme pas. C’est là qu’elle crée ses collections, mais aussi, à l’occasion, des pièces en commande spéciale. Au moment de notre visite, elle s’affaire d’ailleurs à coudre les derniers boutons sur des gilets destinés à une compagnie aérienne. «C’est beaucoup grâce à ce genre de contrats qu’on peut faire des défilés, justifie-t-elle. On ne se le cachera pas, [faire un défilé] demande beaucoup de travail et d’investissements, mais c’est tellement l’fun! C’est notre bonbon.» Un défilé comme celui qu’elle présente mercredi soir au Festival mode et design pour célébrer les 15 ans de Bodybag «est assez dispendieux», révèle la designer.

Le premier «vrai» défilé Bodybag remonte à 2001, alors que la griffe prenait part à la toute première Semaine de mode. «C’était complètement underground», se souvient-elle. La situation a bien évolué depuis. Si l’événement reste, selon elle, davantage une occasion de présenter son travail aux médias, la clientèle est de plus en plus sensible à l’achat local.

«Maintenant, il faut expliquer [la valeur de nos vêtements fabriqués ici] parce qu’on ne peut tout simplement pas concurrencer des robes à 19,95 $, précise-t-elle. Quand le salaire minimum se situe à un peu plus de 10 $ et qu’on sait que ça prend plusieurs heures pour faire une robe, le calcul n’est pas long à faire!»

Défilé
Le défilé de la collection automne-hiver 2013 sera présenté mercredi soir au Festival mode et design.
www.bodybagbyjude.com

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