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On passe au comptoir?

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

En 2001, le tiers de la célèbre chaîne londonienne Pret A Manger – où chaque comptoir confectionne ses sandwichs le jour même dans une cuisine indépendante – devenait la propriété de la société McDonald’s. Pas fou, le géant américain avait flairé la tendance voulant que les gens délaissent de plus en plus la restauration rapide pour privilégier les repas mangés sur le pouce, préparés avec des aliments frais.

Chez nos voisins du sud, d’immenses comptoirs de prêt-à-manger ont pris d’assaut les supermarchés et cette nouvelle mode semble vouloir traverser la frontière. On n’a qu’à penser au Provigo situé sur l’avenue du Mont-Royal Ouest, où les imposants comptoirs de salades et de plats préparés sont visibles de l’entrée.

«Chaque fois qu’une épicerie fait des rénovations, elle donne dorénavant une plus grande place à la section des plats cuisinés», fait remarquer le chef Ian Perreault, qui, en ouvrant en 2008 sa boutique Ian Perreault Prêts-à-manger sur la rue Bernard, est l’un pionnier du prêt-à-manger réinventé à Montréal.

Outre les gros joueurs de l’alimentation qui tentent de faire leur place dans le prêt-à-manger, il y a aussi, depuis quelques années, ces petits comptoirs qui poussent ici et là dans la métropole et qui, avec leurs plats soigneusement apprêtés, souhaitent remplir les estomacs capricieux des gens pressés.

«Malgré le nombre effarant d’émissions de cuisine et de l’engouement pour la bonne bouffe, on remarque que les gens cuisinent peu ou même pas du tout», explique Lucie Boivin, qui, avec son conjoint Pierre Sanglard, a ouvert il y a deux ans le comptoir de prêt-à-manger Saveurs de vivre.

Toutefois, malgré leur palais exigeant et leur man­que de temps à consacrer à la popote, les Montréalais ne sont pas encore prêts à mettre la main dans leur portefeuille pour bien manger, constate Matthieu Bonneau, copropriétaire du comptoir prêt-à-manger L’emporte-pièce.

«Pour eux, payer 16 $ pour un plat de joue de veau à emporter, c’est cher, explique-t-il. Ils regardent le prix avant la qualité. Mais quand ils y ont goûté, leur mentalité tend à changer.»

«Les New-Yorkais, eux, ont adopté depuis plus longtemps l’habitude d’aller chercher leur repas ou un plat d’accompagnement dans un comptoir de prêt-à-manger, souligne Kimberly Lallouz, propriétaire du comptoir-resto Miss Prêt à Manger. Au Québec, les choses bougent plus lentement, mais les Québécois veulent davantage manger santé et local et c’est ce que les comptoirs de prêt-à-manger d’ici essaient d’exploiter.»

Bâtisseurs d’une tendance encore en émergence, les artisans derrière les comp­toirs de prêt-à-manger en sont encore à adapter leur offre aux demandes des Montréalais. Certains proposent des services de traiteur, un espace resto, ou encore la livraison à domicile.

Si la tendance se maintient, les Montréalais pourraient bien emboîter le pas à un phénomène qui gagne en importance un peu partout sur la planète.

Portraits de comptoirs
Plusieurs comptoirs de prêt-à-manger ont vu le jour ces dernières années à Montréal. En voici quatre à connaître.  

  1. L’emporte-pièce
    À L’emporte-pièce, on mise sur les grilled-cheese préparés sur le pouce, le café de qualité et les plats mijotés. À l’achat d’un repas, on peut également repartir avec une bouteille de vin d’importation privée sous le bras. Durant la saison chaude, la terrasse ensoleillée de la rue Gilford attire les habitués comme les passants. Pour renseigner sa clientèle sur le menu du jour, Matthieu Bonneau, le copropriétaire de l’endroit, envoie des gazouillis via Twitter.
    418, rue Gilford
    514 566-7898

  2. Miss Prêt à Manger
    Situé dans un quartier du centre-ville cruellement dépourvu de bonnes adresses où aller se chercher un lunch santé pour emporter, le comptoir Miss Prêt à Manger n’a pas mis de temps à se faire adopter par les travailleurs du coin. Ces derniers vont y chercher une salade ou une soupe qu’ils trimballent jusqu’au bureau ou prennent quelques minutes pour déguster un tartare de saumon ou un risotto aux champignons à l’une des quelques tables du sympathique local de la rue de Bleury.
    1104, rue de Bleury
    514 861-6565

  3. Saveurs de vivre
    Chez Saveurs de vivre, tous les petits plats cuisinés par le chef Pierre Sanglard sont sans gluten, bios et responsables. Tantôt ils sont végétariens ou végétaliens, tantôt ils sont crus ou à base de viande. Mais peu importe qu’ils soient avec ou sans viande, c’est le goût qui prime au bout du compte. Le menu change chaque semaine, et on peut s’y approvisionner en paniers santé ou y suivre des cours de cuisine dans la grande cuisine à aire ouverte qui occupe presque tout l’espace du petit local.
    7901, rue Henri-Julien
    514 904-0521

  4. Jean Bouffe
    Chez Jean Bouffe, le concept du comptoir prêt-à-manger a été élevé à un autre niveau. Prenant en compte le fait que les gens qui n’ont pas le temps de préparer leurs repas n’auront pas plus le temps d’aller les chercher à un quelconque comptoir, Jean Laflamme, le fondateur, a décidé qu’il livrerait ses mets préparés en portions familiales directement dans les chaumières. Le tout pour un prix raisonnable.
    5503, chemin de Chambly, Saint-Hubert
    450 656-8195

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