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L’Omnivore à Montréal : le road-trip de la jeune cuisine

Photo: Sébastien Roy

Entre Genève, Paris et Moscou, en passant par Le Havre et Shanghai, l’Omnivore World Tour pose dès vendredi ses ustensiles et autres batteries de cuisine à Montréal.

Durant quatre jours, la Société des arts technologiques [SAT], se transformera en véritable laboratoire de cuisine. Des chefs internationaux s’associent aux chefs résidants pour partager les cuisines, interroger les techniques, confronter les cultures et diffuser l’innovation gastronomique.

«L’Omnivore World Tour, c’est une aventure un peu folle qui a débuté il y a huit ans quand on a lancé le premier festival à Deauville en France», se souvient avec enthousiasme son concepteur Luc Dubanchet. Créé dans la continuité du magazine Omnivore, l’événement, unique en son genre, s’est donné pour mission de découvrir la jeune cuisine, en allant à la rencontre de cette nouvelle génération montante de chefs, et de promouvoir le tout à travers le globe.

Si, pendant cinq ans, le festival invitait en France les chefs locaux et du monde entier à venir faire le point sur la création, aujourd’hui, la mayonnaise a bien pris, et cette cuisine itinérante se balade dans les cuisines du monde. «Ce ne sont pas moins de 300 chefs, toutes nationalités confondues, qui voyagent avec nous cette année, et vont ainsi à la rencontre les uns des autres avec un seul objectif : faire le focus sur la cuisine contemporaine», explique M. Dubanchet. Et pour ce qui est des répercussions, il suffit de regarder l’évolution de la cuisine française. Elle innove, ose et s’inspire de toutes les influences extérieures pour créer la cuisine d’aujourd’hui et de demain. «La révolution française en matière de gastronomie a aussi contribué à faire de la restauration une véritable expérience. Et cette expérience on souhaite la vivre partout sur la planète.»

Si le concept est français, il n’a pas pour ambition de faire la propagande et de gaver les mangeurs de bouffe française, et d’ailleurs la barrière de la langue n’a aucunement été difficile à franchir. «Ça nous semblait intéressant d’aller scéner dans des pays étrangers avec une culture différente de la nôtre. Mais, c’est certain qu’il y a une logique et des affinités à aller  dans des régions francophones. C’est le cas avec Montréal», confie Luc Dubanchet.

Au-delà de son coup de cœur pour Montréal lors de sa visite à l’automne 2011, l’Omnivore World Tour est le fruit d’une belle rencontre entre son créateur et Frédéric Gauthier, directeur du Laboratoire culinaire de la SAT. «On s’est plongé dans cette ville on l’a aimé. Mais ce genre d’événement n’est pas possible si il n’y pas de rencontres humaines.

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À cela s’ajoute la liberté culinaire de la métropole, sa petite touche classique, sa diversité et sa multi-culturalité qui ont su susciter l’intérêt de Luc Dubanchet, qui reconnaît l’existence d’un terroir québécois qui «vaut la peine d’être mis sur la table». Et s’il compare la cuisine montréalaise à celle du Paris des années 1980, ce n’est en aucun cas pour insinuer qu’elle est vieillotte, mais bien parce qu’elle est capable de surprendre par son excentricité. «J’ai cette impression que tout est possible. Il y a énormément de fraîcheur et de spontanéité chez les jeunes chefs québécois. Je pense d’ailleurs que le public de mangeurs est prêt à goûter à cette nouveauté.»

Si la cuisine est jeune, les mangeurs, eux, ne le sont pas forcément. Certes, les 18-35 ans accordent une grande importance aux ingrédients de qualité et à une cuisine qui a du goût, mais cette cuisine est rassembleuse. «On s’est aperçu que dans chaque ville où il y a une cuisine d’auteurs créatifs et une cuisine composée, il n’y a pas de conflit générationnel. Les mangeurs se retrouvent dans des lieux décomplexés et ouverts qui intègrent tout le monde», conclut Luc Dubanchet, impatient d’intéresser les Montréalais à l’excitation qui frémit autour de la cuisine contemporaine.

L’Omnivore World Tour risque bien de faire frétiller les papilles!

Au programme
La Satosphère de la SAT suggère un menu alléchant pour les 4 jours de l’Omnivore World Tour.

  • Les maudits soupers. (Version québecoise des F**king Dinner). Une véritable rencontre culinaire dans 5 restaurants de Montréal (Lawrence, Nouveau Palais, SAT, Les 400 coups et Orignal). Les chefs locaux et invités œuvrent en duo pour des soupers uniques.
    Demain, dimanche et lundi
  • Les Démonstrations. Une vingtaine de démonstrations où les chefs partagent leurs techniques et leurs idées.
    Les samedis, dimanches et lundis de 11 h à 17 h 15 à la SAT. Passe journée : 40 $
  • L’Omnivorius Party. Au total 14 chefs de la brigade Omnivore cuisinent et servent des bouchées sur le son des DJ.
    Samedi à partir de 19 h. Tarif : 40 $

Un ADN hybride
Luc Dubanchet a tenté de nous décrire l’ADN culinaire de Montréal, si ADN il devait y avoir.

  • Un chromosome de cuisine de rue. «Même si elle n’existe pas vraiment cette cuisine de rue, il y a une culture du sandwich et d’une cuisine qui peut s’emporter.»
  • Un chromosome de cuisine roborative. «On sent qu’on aime bien manger et faire la fête, d’où la nécessité d’une cuisine plus riche.»

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